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Ramadan 2027/1448

Tout sur le Ramadan 2027/1448 : le guide du mois de jeûne

Premier jour de jeûne · Ramadan 1448

1 ramadan 1448 AH

Aïd al-Fitr 1448

1 chawwal 1448 AH

Le Ramadan est le neuvième mois du calendrier hégirien et le mois du jeûne, l’un des cinq piliers de l’islam. C’est aussi le mois au cours duquel la révélation du Coran a commencé. Cette page rassemble l’essentiel : le sens du jeûne et ses règles, les nuits de prière, Laylat al-Qadr, la zakat al-fitr et l’Aïd, ainsi que tous nos guides pratiques. Les dates indiquées pour le Ramadan 2027/1448 sont des prévisions astronomiques établies d’après le calendrier Umm al-Qura : dans chaque pays, le début et la fin du mois sont confirmés par l’autorité religieuse compétente, après l’observation du croissant de lune ou selon le calcul astronomique.

Pour entrer dans l’atmosphère du mois béni, voici deux vidéos consacrées au Ramadan, dont l’une avec la voix du récitateur koweïtien Mishary Rashid Alafasy.

Qu’est-ce que le Ramadan ?

Ramadan est le nom du mois, situé entre Chaabane et Chawwal ; le jeûne lui-même se dit sawm ou siyam en arabe. Pendant tout le mois, le croyant s’abstient de manger, de boire et d’avoir des relations conjugales depuis l’aube (l’heure du Fajr) jusqu’au coucher du soleil (l’heure du Maghrib). Ce jeûne n’est pas une règle instituée par les hommes : c’est Allah qui l’a prescrit dans le Coran.

« Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété. » (Coran, 2:183)

Le jeûne du Ramadan a été rendu obligatoire la deuxième année de l’hégire (624 de l’ère chrétienne). Il fait partie des cinq piliers énumérés par le Prophète Mohammed ﷺ : l’attestation de foi, la prière, la zakat, le pèlerinage et le jeûne du Ramadan (rapporté par al-Bukhari, n° 8, et Muslim, n° 16). Les versets 183 à 185 de la sourate al-Baqara en posent le cadre et expliquent pourquoi ce mois a été choisi :

« Le mois de Ramadan est celui au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! […] Allah veut pour vous la facilité, et Il ne veut pas la difficulté pour vous… » (Coran, 2:185)

Le calendrier musulman étant lunaire, le Ramadan avance d’environ onze jours chaque année par rapport au calendrier grégorien : il traverse ainsi toutes les saisons en un peu plus de trente ans, et la durée du jeûne varie selon l’époque de l’année et la latitude.

Les mérites du mois de Ramadan

Le Ramadan n’est pas seulement un temps de privation : c’est un mois de pardon, de prière, de lecture du Coran et de générosité. Plusieurs hadiths authentiques en décrivent la valeur :

  • « Celui qui jeûne le Ramadan avec foi et en espérant la récompense d’Allah, ses péchés passés lui sont pardonnés. » (rapporté par al-Bukhari, n° 38, et Muslim, n° 760)
  • « Lorsque arrive le Ramadan, les portes du Paradis sont ouvertes, les portes de l’Enfer sont fermées et les démons sont enchaînés. » (al-Bukhari, n° 1898-1899 ; Muslim, n° 1079)
  • Dans un hadith qudsi, Allah dit : « Toute œuvre du fils d’Adam est pour lui, sauf le jeûne : il est pour Moi, et c’est Moi qui en donne la récompense. » Le Prophète ﷺ précise dans le même hadith que « le jeûne est un bouclier » (al-Bukhari, n° 1904 ; Muslim, n° 1151).

Le jeûne ne concerne pas que l’estomac : « Celui qui ne délaisse pas la parole mensongère et le fait d’agir selon elle, Allah n’a nul besoin qu’il délaisse sa nourriture et sa boisson » (al-Bukhari, n° 1903). Le jeûneur surveille donc aussi sa langue, son regard et son comportement. C’est enfin le mois du partage : le Prophète ﷺ était le plus généreux des hommes, et il l’était plus encore pendant le Ramadan, lorsque l’ange Gabriel (Jibril) venait chaque nuit réviser le Coran avec lui (al-Bukhari, n° 6 ; Muslim, n° 2308).

Ressentir la faim et la soif rappelle la condition de ceux qui en souffrent toute l’année. C’est une invitation à lutter contre le gaspillage, à donner et à prendre soin de ses proches et de ses voisins. Le verset qui suit l’annonce du jeûne rappelle aussi qu’Allah est proche de celui qui L’invoque (Coran, 2:186) : le Ramadan est un moment privilégié pour les invocations.

Qui doit jeûner, qui en est dispensé ?

Le jeûne du Ramadan est obligatoire pour tout musulman pubère, sain d’esprit, capable de jeûner et qui n’est pas en voyage. L’islam prévoit toutefois des dispenses, conformément au principe de facilité rappelé dans le verset 2:185.

  • Le malade et le voyageur peuvent rompre le jeûne ; ils rattrapent ensuite le même nombre de jours (Coran, 2:184).
  • La personne âgée ou le malade chronique qui ne peut pas jeûner, sans espoir d’amélioration, nourrit un pauvre pour chaque jour manqué : c’est la fidya mentionnée dans le même verset.
  • La femme enceinte ou qui allaite peut ne pas jeûner si elle craint pour sa santé ou pour celle de l’enfant : « Allah a allégé pour le voyageur le jeûne et la moitié de la prière, et Il a dispensé du jeûne la femme enceinte et celle qui allaite » (rapporté par Abu Dawud, n° 2408, at-Tirmidhi, n° 715, et an-Nasa’i, n° 2274 ; hadith jugé bon). Selon les écoles, elle rattrape ensuite les jours, ou les rattrape et verse en plus une compensation.
  • La femme en période de règles ou de lochies ne jeûne pas et rattrape les jours plus tard. Aïcha disait : « Nous recevions l’ordre de rattraper le jeûne, mais pas la prière » (Muslim, n° 335).
  • Les enfants ne sont pas tenus de jeûner avant la puberté, mais on les y habitue progressivement, comme le faisaient les Compagnons (al-Bukhari, n° 1960).

Diabète, maladies cardiaques ou rénales, traitements à heures fixes : ces situations exigent un avis médical avant le Ramadan. Consultez notre dossier Ramadan et diabète et parlez-en à votre médecin. Pour un cas personnel (grossesse, maladie, voyages fréquents), interrogez un savant ou l’imam de votre mosquée.

Ce qui rompt le jeûne

Le Coran autorise de manger et de boire la nuit « jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu’à [la tombée de] la nuit » (Coran, 2:187). Rompent le jeûne :

  • manger ou boire volontairement, ce qui inclut le tabac et les perfusions nutritives ;
  • les relations conjugales pendant la journée, qui imposent en plus une expiation (kaffara), d’après le hadith rapporté par al-Bukhari (n° 1936) et Muslim (n° 1111) ;
  • le vomissement provoqué volontairement (Abu Dawud, n° 2380 ; at-Tirmidhi, n° 720) ;
  • la survenue des règles ou des lochies, même peu avant le coucher du soleil.

En revanche, celui qui mange ou boit par oubli poursuit son jeûne, qui reste valable, car « c’est Allah qui l’a nourri et abreuvé » (al-Bukhari, n° 1933 ; Muslim, n° 1155). Le vomissement involontaire, le fait d’avaler sa salive, la douche ou le brossage des dents fait avec précaution ne rompent pas le jeûne. Pour certains soins (gouttes, inhalateurs, injections non nutritives), les avis des savants divergent : mieux vaut demander conseil. Tout jour rompu sans excuse valable doit être rattrapé.

Le s’hour et le ftour

Le s’hour (sahûr) est le repas pris avant l’aube. Le Prophète ﷺ le recommandait : « Prenez le s’hour, car il y a dans le s’hour une bénédiction » (al-Bukhari, n° 1923 ; Muslim, n° 1095). La sunna est de le prendre tard dans la nuit : Zayd ibn Thabit raconte qu’entre la fin de ce repas et la prière de l’aube, il s’écoulait le temps de réciter une cinquantaine de versets (al-Bukhari, n° 1921 ; Muslim, n° 1097).

Le ftour (l’iftar), la rupture du jeûne, a lieu au coucher du soleil, à l’heure du Maghrib. Il est recommandé de ne pas le retarder : « Les gens ne cesseront d’être dans le bien tant qu’ils se hâteront de rompre le jeûne » (al-Bukhari, n° 1957 ; Muslim, n° 1098). Le Prophète ﷺ rompait son jeûne avec quelques dattes fraîches, à défaut avec des dattes sèches, et à défaut avec quelques gorgées d’eau (Abu Dawud, n° 2356 ; at-Tirmidhi, n° 696). Il disait alors : « La soif est partie, les veines sont humectées et la récompense est acquise, si Allah le veut » (Abu Dawud, n° 2357, hadith jugé bon).

Offrir le ftour est une belle œuvre : « Celui qui donne à manger à un jeûneur pour qu’il rompe son jeûne obtient la même récompense que lui, sans que la récompense du jeûneur en soit diminuée » (at-Tirmidhi, n° 807). Pour composer des repas qui tiennent jusqu’au soir sans alourdir, lisez nos conseils pour bien s’alimenter pendant le Ramadan.

Les tarawih, prières des nuits de Ramadan

Les nuits du Ramadan sont consacrées à la prière surérogatoire : « Celui qui prie les nuits du Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés passés lui sont pardonnés » (al-Bukhari, n° 37 ; Muslim, n° 759). Le Prophète ﷺ a dirigé cette prière en groupe à la mosquée pendant quelques nuits, puis il a cessé de sortir, de crainte qu’elle ne devienne obligatoire pour sa communauté (al-Bukhari, n° 2012 ; Muslim, n° 761). Plus tard, le calife Omar ibn al-Khattab a réuni les fidèles derrière un seul imam, Ubayy ibn Ka’b (al-Bukhari, n° 2010). Ce sont les tarawih, que l’on prie chaque nuit du mois après la prière de l’Icha.

Les tarawih sont une sunna fortement recommandée, non une obligation. Le nombre d’unités de prière (rak’as) varie : Aïcha rapporte que le Prophète ﷺ ne dépassait pas onze rak’as la nuit, en Ramadan comme en dehors (al-Bukhari, n° 1147 ; Muslim, n° 738), tandis que les écoles hanafite, chaféite et hanbalite retiennent vingt rak’as, suivies du witr. Les deux pratiques sont reconnues. Dans beaucoup de mosquées, l’imam récite le Coran en entier au fil du mois ; chez vous, vous pouvez prolonger cette lecture en écoutant le Coran pendant le Ramadan.

Les dix dernières nuits et Laylat al-Qadr

Les dix dernières nuits sont le sommet du mois. Lorsqu’elles commençaient, le Prophète ﷺ redoublait d’efforts : il veillait la nuit en prière, réveillait sa famille et « serrait son pagne », expression qui désigne son ardeur (al-Bukhari, n° 2024 ; Muslim, n° 1174). Il faisait aussi chaque année, pendant ces dix jours, une retraite spirituelle à la mosquée, l’i’tikaf, et ce jusqu’à sa mort (al-Bukhari, n° 2026 ; Muslim, n° 1172).

Parmi ces nuits se trouve Laylat al-Qadr, la Nuit du Destin, à laquelle Allah a consacré la sourate al-Qadr :

« Nous l’avons certes fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’al-Qadr. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’al-Qadr ? La nuit d’al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les anges ainsi que l’Esprit, par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. » (Coran, 97:1-5)

« Meilleure que mille mois », c’est-à-dire plus de quatre-vingt-trois ans : l’adoration accomplie cette nuit-là dépasse en valeur celle d’une vie entière. Contrairement à ce que l’on entend parfois, ce n’est donc pas toute prière du Ramadan qui « vaudrait mille prières » : ce mérite exceptionnel concerne cette nuit précise. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui prie pendant Laylat al-Qadr avec foi et en espérant la récompense, ses péchés passés lui sont pardonnés » (al-Bukhari, n° 1901).

Sa date exacte n’est pas connue avec certitude : « Recherchez Laylat al-Qadr dans les nuits impaires des dix dernières nuits du Ramadan » (al-Bukhari, n° 2017). Beaucoup de musulmans la célèbrent la 27e nuit, avis défendu notamment par le Compagnon Ubayy ibn Ka’b (Muslim, n° 762), mais il est préférable de s’investir dans toutes les nuits impaires, et même dans les dix. Aïcha demanda au Prophète ﷺ ce qu’elle devait dire si elle trouvait cette nuit ; il lui enseigna cette invocation : « Allahoumma innaka ’afouwwoun touhibbou l-’afwa fa’fou ’anni », « Ô Allah, Tu es Celui qui pardonne et Tu aimes le pardon : pardonne-moi » (at-Tirmidhi, n° 3513 ; Ibn Majah, n° 3850).

Dans plusieurs pays, la 27e nuit est aussi une fête familiale. Au Maroc, par exemple, on y célèbre souvent le premier jeûne des enfants, et les fillettes revêtent une tenue traditionnelle et se font poser du henné. Ces coutumes, joyeuses, relèvent de la tradition locale et non du rite.

La zakat al-fitr et l’Aïd el-Fitr

Avant la fin du mois, chaque musulman qui en a les moyens verse la zakat al-fitr pour lui-même et pour les personnes à sa charge, petits et grands. Le Prophète ﷺ l’a fixée à un sa’ (une mesure qui correspond à environ deux à trois kilos selon l’aliment) de dattes, d’orge ou d’un autre aliment de base, et il a ordonné de la donner avant que les gens ne sortent pour la prière de l’Aïd (al-Bukhari, n° 1503 ; Muslim, n° 984 et 986). Elle « purifie le jeûneur des paroles futiles et indécentes et nourrit les pauvres » (Abu Dawud, n° 1609, hadith jugé bon).

Le mois s’achève après 29 ou 30 jours, avec l’apparition du croissant de Chawwal. Le lendemain est le jour de l’Aïd el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne, que l’on appelle aussi au Maghreb l’Aïd es-Seghir, la « petite fête », par opposition à l’Aïd el-Kébir. Elle commence par la prière de l’Aïd et se poursuit en famille, entre visites, vœux et pâtisseries ; il est interdit de jeûner ce jour-là. Zakat al-fitr en nature ou en argent, sunnas de la fête, jeûne des six jours de Chawwal : tout est détaillé dans notre article sur la fin du Ramadan, présenté ci-dessous.

Tous nos guides du Ramadan

Ramadan moubarak à toutes et à tous : que ce mois soit pour chacun un temps de paix, de pardon et de rapprochement avec Allah.

Dates du Ramadan des prochaines années

Année de l’hégireDébut du RamadanAïd al-Fitr
1448
1449
1450
1451
1452
1453
1454
1455

Dates calculées selon le calendrier Umm al-Qura ; elles peuvent varier d’un jour selon l’observation du croissant de lune dans votre pays.

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