Islam
La vie du Prophète Mohammed ﷺ, de La Mecque à Médine
Le Prophète Mohammed ﷺ est, pour les musulmans, le dernier des messagers envoyés par Dieu : c’est à lui que fut révélé le Coran, et sa manière de vivre, la sunna, montre comment mettre ce message en pratique au quotidien. Né à La Mecque vers 570 et mort à Médine en 632, il vécut quarante ans avant la Révélation, treize ans de prédication difficile à La Mecque, puis dix ans à Médine, où il fonda la première communauté musulmane. Cette biographie retrace les grandes étapes de sa vie d’après les sources classiques, en signalant les dates approximatives ou discutées.
Les sources de sa biographie
Ce que l’on sait de la vie du Prophète ﷺ repose d’abord sur le Coran, qui évoque de nombreux épisodes de sa mission, puis sur les hadiths, ces récits de ses paroles et de ses actes transmis par ses compagnons et passés au crible par les savants. La sira, la biographie prophétique, a été mise par écrit dès le VIIIe siècle : l’ouvrage fondateur est celui d’Ibn Ishaq (mort vers 767), connu surtout par la version qu’en a donnée Ibn Hicham (mort vers 833). S’y ajoutent les récits d’al-Waqidi sur les expéditions, les Tabaqat d’Ibn Sa’d et la chronique d’at-Tabari. Parmi les ouvrages modernes accessibles en français figurent Le Nectar cacheté (ar-Rahiq al-Makhtum) de Safiyyur-Rahman al-Mubarakpuri, Le Prophète Muhammad de Martin Lings et Le Prophète de l’islam de Muhammad Hamidullah.
Ces sources ne s’accordent pas toujours dans le détail, en particulier sur les dates. Avant l’an 10 de l’hégire, les Arabes déplaçaient certains mois du calendrier (le nasi’, aboli par le Coran, 9:37) : les équivalences avec notre calendrier ne sont donc qu’approximatives pour les premières années. Les dates du tableau ci-dessous sont celles que retiennent habituellement les historiens.
| Événement | Date approximative |
|---|---|
| Naissance à La Mecque, l’Année de l’Éléphant | vers 570 |
| Mariage avec Khadija | vers 595 |
| Première révélation dans la grotte de Hira | 610 |
| Début de la prédication publique | vers 613 |
| Émigration de musulmans en Abyssinie | 615 |
| Année de la tristesse, voyage à Taëf | 619 |
| Hégire vers Médine (an 1 de l’hégire) | 622 |
| Bataille de Badr (an 2) | 624 |
| Bataille d’Uhud (an 3) | 625 |
| Bataille de la Tranchée (an 5) | 627 |
| Trêve d’al-Hudaybiya (an 6) | 628 |
| Entrée à La Mecque (an 8) | 630 |
| Pèlerinage d’adieu (an 10) | 632 |
| Décès à Médine (an 11) | 632 |
La Mecque et la lignée du Prophète
Au VIe siècle, La Mecque est une ville marchande du Hedjaz, bâtie dans une vallée aride autour de la Kaaba. Selon le Coran, ce sanctuaire fut élevé par Abraham (Ibrahim) et son fils Ismaël (Ismaïl) pour l’adoration du Dieu unique : « Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison » (Coran, 2:127). Au fil des siècles, le culte des idoles s’y était pourtant installé. La tribu de Quraych, gardienne du sanctuaire, tirait son prestige du pèlerinage et des caravanes « d’hiver et d’été » qu’évoque la sourate Quraych. Quelques hommes, appelés hanif, refusaient l’idolâtrie et cherchaient la religion d’Abraham.
Mohammed ibn Abdallah appartient au clan des Banou Hachim, une branche respectée de Quraych : il est fils d’Abdallah, fils d’Abd al-Muttalib, fils de Hachim, fils d’Abd Manaf, fils de Qussay. Les généalogistes s’accordent sur sa lignée jusqu’à Adnan, ancêtre des Arabes du Nord, que la tradition rattache à Ismaël ; au-delà, les listes divergent. Sa mère, Amina bint Wahb, est issue du clan des Banou Zuhra, de la même tribu. Son grand-père Abd al-Muttalib, notable de La Mecque, avait la charge d’abreuver les pèlerins, et la tradition lui attribue la redécouverte du puits de Zamzam.
Naissance et enfance (vers 570-583)
L’Année de l’Éléphant
Le Prophète ﷺ naquit à La Mecque l’année où Abraha, qui gouvernait le Yémen pour le royaume d’Aksoum (en Éthiopie), marcha sur la ville avec des éléphants pour détruire la Kaaba ; son armée fut anéantie, comme le relate la sourate al-Fil (L’Éléphant). Cette « Année de l’Éléphant » correspond traditionnellement à 570 ou 571, même si certains historiens situent l’expédition d’Abraha quelques années, voire deux décennies plus tôt.
Le jour de sa naissance est connu : interrogé sur le jeûne du lundi, le Prophète ﷺ répondit : « C’est le jour où je suis né, et le jour où j’ai reçu la mission prophétique » (rapporté par Muslim, n° 1162). Le mois est celui de rabi’ al-awwal. La date du 12, rapportée par Ibn Ishaq, est la plus répandue ; d’autres savants ont retenu le 2, le 8 ou le 9 de ce mois, et l’on ne peut trancher avec certitude.
Son père, Abdallah, mourut avant sa naissance selon la plupart des récits, à Yathrib (la future Médine), au retour d’un voyage commercial. Le Coran fait allusion à cette condition d’orphelin : « Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin ? Alors Il t’a accueilli ! » (Coran, 93:6).
Chez Halima, dans le désert
Les familles de La Mecque avaient coutume de confier leurs nourrissons à des nourrices bédouines : l’air du désert passait pour plus sain, et l’on y apprenait un arabe d’une grande pureté. Le nouveau-né fut confié à Halima as-Sa’diyya, de la tribu des Banou Sa’d ibn Bakr. Selon son propre récit, conservé par Ibn Ishaq, les autres nourrices avaient refusé cet orphelin dont la famille ne pourrait guère les rétribuer ; Halima, qui n’avait pas trouvé d’autre enfant, l’accepta, et elle raconta que sa famille connut dès lors une abondance inattendue.
C’est chez les Banou Sa’d que se situe l’épisode de l’ouverture de la poitrine : alors que l’enfant jouait avec ses camarades, l’ange Gabriel (Jibril) vint à lui, lui ouvrit la poitrine, en retira « la part de Satan » et lava son cœur avec l’eau de Zamzam (rapporté par Muslim, n° 162). Inquiète, Halima le ramena peu après à sa mère. Il avait alors quatre ou cinq ans environ, selon les récits.
Orphelin de père et de mère
Vers l’âge de six ans, il accompagna sa mère à Yathrib, chez des parents de son grand-père, les Banou an-Najjar. Sur le chemin du retour, Amina tomba malade et mourut à al-Abwa’, entre Médine et La Mecque. L’enfant fut recueilli par son grand-père Abd al-Muttalib, qui l’entoura d’une grande affection, puis, à la mort de celui-ci deux ans plus tard, par son oncle Abou Talib, le père d’Ali. Sans être riche, Abou Talib l’éleva comme son propre fils et le protégea toute sa vie.
Adolescent, il gardait les moutons des Mecquois contre un modeste salaire ; il rappellera plus tard que « Dieu n’a envoyé aucun prophète sans qu’il ait gardé des moutons » (rapporté par al-Bukhari, n° 2262). Vers douze ans, il accompagna Abou Talib dans un voyage commercial vers la Syrie. La sira y rattache la rencontre avec le moine chrétien Bahira, qui aurait reconnu en lui les signes d’un futur prophète ; ce récit célèbre est rapporté par at-Tirmidhi (n° 3620), mais son authenticité et plusieurs de ses détails sont discutés par les spécialistes du hadith.
La jeunesse : al-Amin et le mariage avec Khadija
Jeune homme, Mohammed ﷺ se distingua par sa droiture, au point d’être surnommé al-Amin, « le digne de confiance ». Selon la tradition, il ne prit jamais part au culte des idoles. Ibn Ishaq rapporte qu’il assista dans sa jeunesse au Hilf al-Fudul, un pacte par lequel des clans de Quraych s’engageaient à défendre toute victime d’injustice à La Mecque, qu’elle soit mecquoise ou étrangère ; il dira plus tard que, si on l’appelait à un tel pacte en islam, il y répondrait encore.
Il devint marchand. Khadija bint Khuwaylid, une veuve respectée qui faisait commerce par caravanes, lui confia ses marchandises pour un voyage en Syrie, en compagnie de son serviteur Maysara. Impressionnée par son honnêteté et par le succès de l’expédition, elle lui proposa le mariage par l’intermédiaire d’une amie, Nafissa. Il avait vingt-cinq ans ; Khadija en avait quarante selon le récit le plus répandu, rapporté par Ibn Sa’d, vingt-huit selon d’autres sources. Leur union, qui dura environ vingt-cinq ans, fut heureuse, et il n’épousa aucune autre femme du vivant de Khadija.
Khadija lui donna six enfants : deux fils, al-Qassim, qui valut au Prophète son surnom d’Abou al-Qassim, et Abdallah, tous deux morts en bas âge, et quatre filles, Zaynab, Ruqayya, Umm Kulthum et Fatima. Le foyer accueillit aussi Zayd ibn Haritha, un jeune esclave que Khadija avait offert à son époux et que celui-ci affranchit puis adopta, ainsi que son jeune cousin Ali ibn Abi Talib, qu’il prit en charge pour soulager Abou Talib.
Vers l’âge de trente-cinq ans, il participa à la reconstruction de la Kaaba, endommagée. Les clans se disputant l’honneur de replacer la Pierre noire, ils convinrent de s’en remettre au premier homme qui entrerait dans le sanctuaire : ce fut Mohammed. Il plaça la pierre sur un manteau, demanda à un représentant de chaque clan d’en tenir un pan, puis la posa lui-même à sa place, évitant ainsi un conflit sanglant.
La Révélation dans la grotte de Hira (610)
À l’approche de la quarantaine, il prit l’habitude de se retirer plusieurs nuits dans la grotte de Hira, sur le mont an-Nour, près de La Mecque, pour y adorer Dieu à l’écart des hommes. Selon Aïcha, la Révélation commença par des rêves véridiques, aussi clairs que la lumière de l’aube. Puis, au mois de ramadan de l’an 610 environ, l’ange Gabriel lui apparut et lui ordonna : « Lis ! » Il répondit : « Je ne sais pas lire. » L’ange le serra fortement contre lui, à trois reprises, avant de lui réciter les premiers versets du Coran (rapporté par al-Bukhari, n° 3) :
« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. » (Coran, 96:1-5)
Ces versets ouvrent la sourate al-Alaq. Pour de nombreux savants, cette nuit fut la Nuit du Destin (Laylat al-Qadr), dont le Coran dit : « Nous l’avons certes fait descendre pendant la nuit d’al-Qadr » (Coran, 97:1).
Bouleversé, le cœur battant, il rentra auprès de Khadija en disant : « Couvrez-moi ! Couvrez-moi ! » Lorsqu’il lui confia sa crainte, elle le rassura par ces mots restés célèbres : « Non, par Dieu, jamais Dieu ne t’humiliera : tu maintiens les liens de parenté, tu aides le pauvre et le démuni, tu honores ton hôte et tu soutiens ceux que frappent les épreuves » (al-Bukhari, n° 3). Elle le conduisit chez son cousin Waraqa ibn Nawfal, un vieil homme devenu chrétien qui connaissait les Écritures. Waraqa reconnut dans ce récit l’ange que Dieu avait envoyé à Moïse (Moussa) et prévint Mohammed que son peuple le chasserait : « Aucun homme n’a apporté ce que tu apportes sans être combattu. » Khadija fut la première à croire en son message.
La Révélation s’interrompit ensuite pendant une période dont la durée est discutée : quelques jours ou quelques semaines selon certains savants, jusqu’à deux ou trois ans selon d’autres. Cette attente l’éprouva beaucoup. Puis l’ange revint, et furent révélés les versets qui lui ordonnaient de commencer à avertir les hommes : « Ô toi, le revêtu d’un manteau ! Lève-toi et avertis. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur » (Coran, 74:1-3 ; al-Bukhari, n° 4). Dès lors, la Révélation se poursuivit régulièrement pendant environ vingt-trois ans, au fil des circonstances. Chaque année, pendant ramadan, Gabriel revoyait avec lui le Coran révélé jusque-là ; il le fit deux fois l’année de sa mort (al-Bukhari, n° 6 et n° 4998). Pour en savoir plus sur le Livre révélé, voir notre page sur le Coran et sa récitation.
La prédication à La Mecque (610-622)
Les premiers croyants
Pendant les trois premières années environ, l’appel resta discret. Après Khadija, les premiers à embrasser l’islam furent ses proches : Ali, encore enfant, Zayd ibn Haritha et son ami Abou Bakr. Ce dernier, commerçant estimé, gagna à la nouvelle foi plusieurs hommes qui allaient marquer l’histoire de l’islam, parmi lesquels Uthman ibn Affan, az-Zubayr ibn al-Awwam, Abd ar-Rahman ibn Awf, Sa’d ibn Abi Waqqas et Talha ibn Ubaydallah. Les croyants se réunissaient notamment dans la maison d’al-Arqam, près de la colline de Safa. Le message tenait en quelques principes : l’unicité de Dieu, la mission de Mohammed ﷺ, la résurrection et le Jugement, la prière, la justice et la générosité envers les pauvres, les orphelins et les esclaves.
L’appel public et l’hostilité de Quraych
Lorsque fut révélé le verset « Et avertis les gens qui te sont les plus proches » (Coran, 26:214), le Prophète ﷺ monta sur la colline de Safa et appela les clans de Quraych : « Si je vous annonçais qu’une cavalerie s’apprête à vous attaquer depuis la vallée, me croiriez-vous ? » – « Oui, nous ne t’avons jamais entendu dire autre chose que la vérité. » – « Alors je vous avertis d’un châtiment terrible. » Son oncle Abou Lahab l’apostropha avec mépris, et la sourate al-Masad fut révélée à son sujet (al-Bukhari, n° 4770).
Les notables mecquois virent dans ce message une menace pour leur religion, leur autorité et le commerce lié au pèlerinage. Ils tentèrent d’abord de le discréditer en le traitant de poète, de devin ou de magicien, puis passèrent à la persécution. Les plus exposés étaient les croyants sans protection tribale : l’esclave abyssin Bilal ibn Rabah, torturé sous le soleil brûlant, Khabbab ibn al-Aratt, ou encore la famille de Yassir, dont l’épouse Soumayya mourut sous les coups et devint la première martyre de l’islam. Le Prophète ﷺ lui-même fut insulté et maltraité, mais son oncle Abou Talib refusa toujours de le livrer, sans pour autant se convertir.
L’émigration en Abyssinie (615)
En 615, cinquième année de la mission, le Prophète ﷺ conseilla à une partie des croyants de chercher refuge en Abyssinie (l’actuelle Éthiopie), dont le roi chrétien, le Négus (an-Najachi), était réputé juste. Un premier groupe d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles Uthman ibn Affan et son épouse Ruqayya, fille du Prophète, traversa la mer Rouge. Une seconde vague, plus nombreuse, suivit : Ibn Ishaq dénombre quatre-vingt-trois hommes, accompagnés de femmes et d’enfants, menés par Ja’far ibn Abi Talib.
Quraych envoya au Négus deux émissaires chargés de présents, dont Amr ibn al-As, pour obtenir que les réfugiés lui soient livrés. Selon le récit d’Umm Salama, qui faisait partie des émigrés, le roi voulut d’abord entendre les musulmans. Ja’far lui exposa comment l’islam les avait détournés des idoles et de l’injustice, puis récita le début de la sourate Maryam, qui évoque Marie et Jésus (Issa) : le Négus pleura et refusa de livrer ceux qui étaient venus chercher sa protection.
À La Mecque, la conversion de deux hommes redoutés, Hamza ibn Abd al-Muttalib, l’oncle du Prophète, puis Umar ibn al-Khattab, vers 616, redonna courage aux croyants. Quraych répliqua par un boycott : pendant environ trois ans, les clans des Banou Hachim et des Banou al-Muttalib, musulmans ou non, furent mis au ban de la cité, privés de commerce et de mariages, et durent se replier dans un vallon de La Mecque, le Chi’b Abi Talib, où ils connurent la faim.
L’Année de la tristesse et Taëf (619)
Peu après la levée du boycott, vers 619, dixième année de la mission, le Prophète ﷺ perdit coup sur coup ses deux principaux soutiens : son oncle Abou Talib et son épouse Khadija. La tradition a retenu cette période sous le nom d’Année de la tristesse (‘Am al-Huzn). Privé de la protection de son clan, il se rendit à Taëf, à une centaine de kilomètres au sud-est de La Mecque, accompagné de Zayd ibn Haritha, pour appeler la tribu de Thaqif à l’islam. Il fut éconduit, et les habitants lancèrent contre lui leurs esclaves et leurs jeunes gens, qui le chassèrent à coups de pierres.
Interrogé plus tard par Aïcha, il décrivit ce jour comme la pire épreuve que lui ait infligée son peuple. Sur le chemin du retour, l’ange des montagnes lui proposa de faire s’effondrer sur ceux qui l’avaient rejeté les deux montagnes qui enserrent La Mecque. Il refusa : « J’espère plutôt que Dieu fera naître de leur descendance des gens qui adoreront Dieu seul, sans rien Lui associer » (al-Bukhari, n° 3231). Selon Ibn Ishaq, c’est aussi à Taëf qu’un esclave chrétien originaire de Ninive, Addas, lui offrit des raisins et crut en lui. Pour rentrer à La Mecque, il dut se placer sous la protection d’un notable non musulman, al-Mut’im ibn Adi.
Le Voyage nocturne et l’Ascension
C’est au cours de ces années difficiles que se situe al-Isra’ wal-Mi’raj : en une nuit, le Prophète ﷺ fut transporté de La Mecque à Jérusalem, où il pria, puis élevé à travers les cieux. Le Coran en témoigne : « Gloire à Celui qui, de nuit, fit voyager Son serviteur, de la Mosquée Sacrée à la Mosquée Lointaine dont Nous avons béni l’alentour, afin de lui faire voir certains de Nos signes » (Coran, 17:1). Lors de cette ascension furent prescrites les prières quotidiennes, d’abord au nombre de cinquante, puis réduites à cinq, avec la récompense de cinquante (al-Bukhari, n° 349). La date exacte de ce voyage est inconnue : les savants la situent entre la dixième année de la mission et l’année qui précède l’hégire ; la nuit du 27 rajab, souvent commémorée, ne repose pas sur une source établie. Pour apprendre à accomplir ces prières, consultez notre guide de la prière.
Les serments d’al-Aqaba (620-622)
Le Prophète ﷺ profitait de la saison du pèlerinage pour présenter l’islam aux tribus de passage. Vers 620, six hommes de Yathrib, de la tribu des Khazraj, se convertirent. L’année suivante, douze hommes de Yathrib lui prêtèrent serment à al-Aqaba, près de Mina : c’est le premier serment d’al-Aqaba. Il envoya avec eux Mus’ab ibn Umayr pour leur enseigner le Coran. En 622, soixante-treize hommes et deux femmes, dont Nusayba bint Ka’b, vinrent en secret lui prêter le second serment : ils s’engageaient à le protéger comme ils protégeaient leurs propres familles. La voie de l’émigration était ouverte.
L’Hégire, de La Mecque à Médine (622)
Les musulmans de La Mecque partirent alors discrètement, par petits groupes, vers Yathrib. Les chefs de Quraych, inquiets de voir se constituer une communauté hors de leur portée, résolurent d’en finir avec le Prophète ﷺ : « Et rappelle-toi le moment où les mécréants complotaient contre toi pour t’emprisonner ou t’assassiner ou te bannir » (Coran, 8:30). Selon la sira, Ali dormit dans son lit pour tromper les conjurés, tandis que le Prophète ﷺ quittait la ville avec Abou Bakr.
Les deux compagnons se cachèrent trois nuits dans une grotte du mont Thawr, au sud de La Mecque, ravitaillés par Asma, la fille d’Abou Bakr, et tenus informés par son fils Abdallah (al-Bukhari, n° 3905). Le Coran évoque ce moment où les poursuivants s’approchèrent de la grotte et où le Prophète ﷺ dit à son compagnon : « Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous » (Coran, 9:40). Ils gagnèrent ensuite Yathrib par une route détournée, menés par un guide qui n’était pas musulman mais à qui ils faisaient confiance, et échappèrent à Suraqa ibn Malik, lancé à leur poursuite pour la récompense promise par Quraych.
En septembre 622, au mois de rabi’ al-awwal, le Prophète ﷺ arriva à Quba’, aux portes de Yathrib. Il y fonda une mosquée, considérée comme la première de l’islam, et y séjourna plusieurs jours (quatorze nuits selon le récit d’Anas rapporté par al-Bukhari, n° 3932), avant d’entrer dans la ville sous les acclamations. Sa chamelle s’agenouilla sur un terrain appartenant à deux orphelins du clan des Banou an-Najjar ; il l’acheta pour y bâtir sa mosquée et logea quelque temps chez Abou Ayyoub al-Ansari. Yathrib prit le nom de Madinat an-Nabi, « la ville du Prophète », ou simplement al-Madina : Médine.
L’hégire (al-hijra, « l’émigration ») marque un tel tournant que les compagnons en firent le point de départ du calendrier musulman. Sous le califat d’Umar ibn al-Khattab, vers l’an 17 (638), ils choisirent de compter les années non pas à partir de la naissance, de la mission ou de la mort du Prophète ﷺ, mais à partir de son arrivée à Médine (al-Bukhari, n° 3934). L’an 1 du calendrier hégirien commence le 1er mouharram, qui correspond, selon l’équivalence habituelle, au 16 juillet 622.
Médine, la première communauté (622-624)
À Médine vivaient deux grandes tribus arabes, les Aws et les Khazraj, longtemps rivales, ainsi que plusieurs tribus juives, dont les Banou Qaynuqa’, les Banou an-Nadir et les Banou Qurayza. Le Prophète ﷺ y organisa une société nouvelle. Il institua la fraternité (al-mu’akhat) entre les émigrés mecquois (les Muhajirun) et les musulmans de Médine (les Ansar, « les auxiliaires ») : chaque Ansari accueillait un Muhajir qui avait tout laissé derrière lui. La mosquée, simple enclos aux murs de briques crues couvert de palmes, devint à la fois lieu de prière, d’enseignement, d’accueil des pauvres et de gouvernement. Bilal y lançait l’appel à la prière.
Ibn Ishaq a conservé le texte d’un pacte que les historiens appellent la « Constitution de Médine » (Sahifat al-Madina). Il fait des croyants de La Mecque et de Médine une seule communauté (oumma), fixe des règles de solidarité, de prix du sang et de défense commune, reconnaît aux tribus juives alliées leur religion en les associant à la défense de la ville, et désigne le Prophète ﷺ comme arbitre des différends. Les chercheurs discutent de sa date exacte et de son unité – il pourrait réunir plusieurs accords successifs –, mais son authenticité générale est largement admise.
Au cours de la deuxième année de l’hégire, plusieurs piliers de la pratique furent fixés. Après seize ou dix-sept mois de prière en direction de Jérusalem, la direction de la prière (la qibla) fut tournée vers la Kaaba : « Tourne donc ton visage vers la Mosquée Sacrée » (Coran, 2:144 ; al-Bukhari, n° 399). Le jeûne du mois de ramadan fut prescrit, de même que la zakat al-fitr, et la zakat fut progressivement organisée.
Les grandes batailles (624-627)
Les musulmans avaient été chassés de La Mecque et dépouillés de leurs biens. À Médine fut révélée l’autorisation de se défendre : « Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre), parce que vraiment ils sont lésés » (Coran, 22:39). S’ouvrit alors une période d’affrontements avec Quraych, ponctuée d’expéditions et de trois grandes batailles.
Badr (624)
Au mois de ramadan de l’an 2 (mars 624), le Prophète ﷺ sortit avec un peu plus de trois cent dix hommes (al-Bukhari, n° 3957) pour intercepter une grande caravane mecquoise conduite par Abou Soufyan. La caravane s’échappa, mais Quraych avait envoyé une armée d’environ mille hommes. La rencontre eut lieu le 17 ramadan aux puits de Badr, au sud-ouest de Médine. Malgré leur infériorité numérique, les musulmans l’emportèrent : soixante-dix Mecquois furent tués, dont Abou Jahl, l’un des plus farouches adversaires de l’islam, et soixante-dix faits prisonniers (al-Bukhari, n° 3986), tandis que quatorze musulmans tombèrent. « Allah vous a donné la victoire à Badr alors que vous étiez humiliés », rappelle le Coran (3:123). La plupart des prisonniers furent libérés contre rançon.
Uhud (625)
Un an plus tard, en chawwal de l’an 3 (mars 625), Quraych revint avec environ trois mille hommes pour venger Badr. Le Prophète ﷺ sortit à leur rencontre avec un millier de combattants, mais Abdallah ibn Ubayy, chef des hypocrites de Médine, se retira avec près d’un tiers de la troupe. Au pied du mont Uhud, le Prophète ﷺ posta cinquante archers sur une colline, sous le commandement d’Abdallah ibn Jubayr, avec l’ordre de ne pas quitter leur position quoi qu’il arrive (al-Bukhari, n° 3039). Les musulmans prirent d’abord l’avantage ; croyant la victoire acquise, la plupart des archers descendirent ramasser le butin. La cavalerie mecquoise, menée par Khalid ibn al-Walid, contourna alors la colline et prit les musulmans à revers. Environ soixante-dix compagnons furent tués, dont Hamza, et le Prophète ﷺ lui-même fut blessé au visage et eut une dent brisée (Muslim, n° 1791). La sourate Al Imran revient longuement sur les leçons de cette épreuve : l’obéissance, la constance et le refus de l’appât du gain.
La Tranchée (627)
En l’an 5 (627), Quraych forma une vaste coalition avec des tribus bédouines et avec les chefs de la tribu juive des Banou an-Nadir, expulsée de Médine l’année précédente : environ dix mille hommes marchèrent sur la ville, défendue par quelque trois mille musulmans. Sur le conseil, selon la tradition, de Salman al-Farissi, un compagnon d’origine perse, les musulmans creusèrent une tranchée là où la ville était ouverte aux cavaliers, et le Prophète ﷺ transporta lui-même la terre avec eux (al-Bukhari, n° 4106). Le siège dura de deux semaines à près d’un mois selon les sources ; puis le froid, les divisions des coalisés et un vent violent les poussèrent à lever le camp : « Rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, quand des troupes vous sont venues et que Nous avons envoyé contre elles un vent et des troupes que vous n’avez pas vues » (Coran, 33:9). La sourate al-Ahzab (Les Coalisés) tire son nom de cet épisode.
Les relations avec les tribus juives de Médine, liées aux musulmans par des pactes, se dégradèrent au cours de ces années. Selon les sources musulmanes, les Banou Qaynuqa’ (an 2), puis les Banou an-Nadir (an 4) furent expulsés après avoir rompu leurs engagements. Après le siège de la Tranchée, les Banou Qurayza, accusés d’avoir négocié avec les coalisés en pleine guerre, furent assiégés à leur tour ; leur sort fut remis à l’arbitrage de Sa’d ibn Mu’adh, chef des Aws, leurs anciens alliés, qui condamna à mort leurs combattants et réduisit en captivité les femmes et les enfants. Ces événements, rapportés en détail par Ibn Ishaq, font l’objet de discussions entre historiens, notamment sur le nombre des victimes.
La trêve d’al-Hudaybiya (628)
En dhou al-qi’da de l’an 6 (mars 628), à la suite d’un rêve, le Prophète ﷺ partit accomplir la omra avec environ mille quatre cents compagnons (al-Bukhari, n° 4154), en état de sacralisation (ihram) et accompagnés de bêtes destinées au sacrifice. Quraych leur barra la route. Campés à al-Hudaybiya, en bordure du territoire sacré, le Prophète ﷺ envoya Uthman ibn Affan négocier ; la rumeur de sa mort se répandit, et les compagnons prêtèrent au Prophète ﷺ, sous un arbre, un serment de fidélité appelé « le serment de l’agrément » (bay’at ar-Ridwan) : « Allah a très certainement agréé les croyants quand ils t’ont prêté le serment d’allégeance sous l’arbre » (Coran, 48:18).
Un traité fut finalement conclu avec l’émissaire mecquois Suhayl ibn Amr : une trêve de dix ans, le retour des musulmans à Médine cette année-là et la possibilité de revenir l’année suivante pour la omra. Certaines clauses parurent si défavorables que de nombreux compagnons en furent abattus, au point de tarder à obéir à l’ordre de sacrifier leurs bêtes. Sur le conseil de son épouse Umm Salama, le Prophète ﷺ sacrifia lui-même sa bête et se fit raser la tête sans dire un mot : tous l’imitèrent aussitôt (al-Bukhari, n° 2731). Sur le chemin du retour fut révélée la sourate al-Fath : « En vérité Nous t’avons accordé une victoire éclatante » (Coran, 48:1). La paix permit en effet à l’islam de se diffuser rapidement dans la péninsule.
Dans les mois qui suivirent, le Prophète ﷺ adressa des lettres aux souverains voisins pour les inviter à l’islam, notamment à l’empereur byzantin Héraclius (al-Bukhari, n° 7), au roi de Perse, au gouverneur d’Égypte et au Négus. En l’an 7 (628), l’oasis de Khaybar, où s’étaient établis les Banou an-Nadir et dont les chefs avaient contribué à former la coalition, passa sous l’autorité musulmane ; l’année suivante, les musulmans accomplirent la omra prévue par le traité.
Le retour à La Mecque (630)
En l’an 8, les Banou Bakr, alliés de Quraych, attaquèrent de nuit la tribu des Khuza’a, alliée des musulmans, avec l’aide de certains Mecquois : la trêve était rompue. Au mois de ramadan de l’an 8 (fin 629 ou janvier 630 selon les conversions), le Prophète ﷺ marcha sur La Mecque avec dix mille hommes (al-Bukhari, n° 4276). Abou Soufyan, chef de Quraych, vint à sa rencontre et embrassa l’islam. Le Prophète ﷺ fit proclamer : « Quiconque entre dans la maison d’Abou Soufyan est en sécurité » (Muslim, n° 1780), et les habitants s’enfermèrent chez eux.
La ville fut prise presque sans combat. Le Prophète ﷺ abattit les trois cent soixante idoles qui entouraient la Kaaba en récitant : « La Vérité est venue et l’Erreur a disparu » (Coran, 17:81 ; al-Bukhari, n° 4287). Ceux qui l’avaient persécuté pendant des années s’attendaient au pire : il accorda un pardon général, à l’exception de quelques personnes coupables de crimes graves, dont plusieurs furent ensuite graciées. Bilal monta sur la Kaaba pour lancer l’appel à la prière.
Dans les mois suivants, les musulmans affrontèrent la confédération des Hawazin à Hunayn (an 8), puis le Prophète ﷺ conduisit une grande expédition vers Tabouk, aux confins de l’Empire byzantin (an 9, 630). L’an 9 fut appelé « l’année des délégations » : de toute l’Arabie, des tribus vinrent à Médine pour faire allégeance et apprendre l’islam.
Le Pèlerinage d’adieu (632)
En dhou al-hijja de l’an 10 (mars 632), le Prophète ﷺ accomplit le seul hajj qu’il fit après l’hégire, entouré d’une foule immense, que les sources traditionnelles estiment à plus de cent mille personnes. Ce pèlerinage fixa les rites que les musulmans suivent aujourd’hui encore, décrits en détail par le compagnon Jabir ibn Abdallah (Muslim, n° 1218) et présentés dans notre page sur le hajj et la omra. Le 9 dhou al-hijja, à Arafat, il prononça un sermon resté célèbre :
« Votre sang et vos biens sont sacrés, comme est sacré ce jour-ci, en ce mois-ci, dans cette cité-ci. […] L’usure de l’époque préislamique est abolie. […] Craignez Allah au sujet des femmes […]. Je laisse parmi vous ce qui, si vous vous y attachez, vous préservera de l’égarement : le Livre d’Allah. » (Muslim, n° 1218)
Ce même jour, un vendredi, fut révélé le verset : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’ai agréé l’islam comme religion pour vous » (Coran, 5:3 ; al-Bukhari, n° 45).
La maladie et la mort du Prophète (632)
De retour à Médine, le Prophète ﷺ tomba malade à la fin du mois de safar ou au début de rabi’ al-awwal de l’an 11. Fiévreux, souffrant de violents maux de tête, il demanda à ses épouses la permission d’être soigné dans la chambre d’Aïcha et chargea Abou Bakr de diriger la prière à sa place. Il s’éteignit un lundi de rabi’ al-awwal de l’an 11 (le 12 selon la tradition la plus répandue), date que l’on fait généralement correspondre au 8 juin 632, à l’âge de soixante-trois ans (al-Bukhari, n° 3536). Il reposait contre la poitrine d’Aïcha ; ses dernières paroles furent : « Ô Allah, avec le Compagnon suprême ! » (al-Bukhari, n° 4463).
La nouvelle plongea Médine dans la stupeur. Umar ibn al-Khattab, refusant d’y croire, affirmait que le Prophète ﷺ n’était pas mort. Abou Bakr arriva, découvrit le visage du Prophète ﷺ, l’embrassa, puis sortit s’adresser à la foule : « Que celui qui adorait Mohammed sache que Mohammed est mort ; et que celui qui adore Allah sache qu’Allah est vivant et ne meurt pas. » Puis il récita ce verset (al-Bukhari, n° 3667-3668) :
« Mohammad n’est qu’un Messager – des Messagers avant lui sont passés. S’il mourait, donc, ou s’il était tué, retourneriez-vous sur vos talons ? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allah ; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants. » (Coran, 3:144)
Umar raconta plus tard qu’en l’entendant, ses jambes se dérobèrent sous lui (al-Bukhari, n° 4454). Le Prophète ﷺ fut enterré là où il était mort, dans la chambre d’Aïcha, aujourd’hui comprise dans l’enceinte de la Mosquée du Prophète à Médine. Abou Bakr fut choisi comme premier calife, c’est-à-dire comme successeur à la tête de la communauté.
Sa famille
Après la mort de Khadija, le Prophète ﷺ épousa Sawda bint Zam’a, une veuve, puis, au fil des années passées à Médine, plusieurs autres femmes. La tradition compte onze épouses au total : Khadija, Sawda, Aïcha, Hafsa, Zaynab bint Khuzayma, Umm Salama, Zaynab bint Jahch, Juwayriya, Umm Habiba, Safiyya et Maymouna ; neuf lui survécurent. Toutes, à l’exception d’Aïcha, avaient déjà été mariées, et plusieurs de ces unions eurent aussi une portée sociale ou politique, en scellant des alliances ou en offrant un foyer à des veuves éprouvées. Le Coran les appelle les « mères des croyants » (Coran, 33:6). Maria la Copte, envoyée par le gouverneur d’Égypte, lui donna un fils, Ibrahim, mort en bas âge.
Tous ses autres enfants étaient nés de Khadija, et seule Fatima lui survécut, de six mois environ (al-Bukhari, n° 4240-4241). Épouse d’Ali ibn Abi Talib, elle fut la mère d’al-Hassan et d’al-Hussayn, par qui se perpétue la descendance du Prophète ﷺ. Sur la place de Khadija, d’Aïcha, de Fatima et des autres grandes figures féminines de l’islam, voir notre article consacré à la femme en islam.
Un modèle pour les croyants
Le Coran décrit le Prophète ﷺ comme envoyé « en miséricorde pour l’Univers » (Coran, 21:107) et lui dit : « Et tu es certes d’une moralité éminente » (Coran, 68:4). Interrogée sur son caractère, Aïcha répondit : « Son caractère, c’était le Coran » (Muslim, n° 746). Ceux qui l’ont côtoyé décrivent un homme simple et accessible : chez lui, il se mettait au service de sa famille (al-Bukhari, n° 676) ; il ne frappa jamais ni une femme ni un serviteur (Muslim, n° 2328) ; il consultait ses compagnons et pardonnait volontiers : « C’est par quelque miséricorde de la part d’Allah que tu as été si doux envers eux ! Mais si tu avais été rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage » (Coran, 3:159).
Pour les musulmans, il n’est ni un être divin ni un intermédiaire que l’on adorerait : c’est un homme choisi par Dieu, « le messager d’Allah et le dernier des Prophètes » (Coran, 33:40), dont l’exemple montre comment vivre la foi. « En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle à suivre, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et évoque Allah fréquemment » (Coran, 33:21). Le témoignage de foi, la chahada, associe d’ailleurs l’attestation de l’unicité de Dieu à celle de sa mission.
Aimer le Prophète ﷺ, c’est d’abord suivre son exemple : « Dis : “Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés” » (Coran, 3:31). Sa sunna invite chacun à se rapprocher de Dieu par la prière, la bonté et la justice ; dans une parole qu’il rapporte de son Seigneur (hadith qudsi), Dieu dit : « Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires, jusqu’à ce que Je l’aime » (al-Bukhari, n° 6502). Pour prolonger cette lecture, découvrez notre sélection de paroles authentiques du Prophète.