Islam
Lire et réciter le Coran : repères, règles de bienséance et tajwid
Le Coran est, pour les musulmans, la Parole de Dieu révélée au Prophète Mohammed ﷺ. Son nom même, al-Qur’ân, signifie « la lecture » ou « la récitation » : il est fait pour être lu, récité à voix haute, écouté et médité. Cette page rassemble l’essentiel pour bien le connaître et bien le lire : quelques repères sur le Livre, ses mérites, les règles de bienséance (adab) transmises par les savants, les bases de la récitation (tajwid), les principales lectures et des conseils pratiques pour débuter.
Le Coran en quelques repères
Selon la tradition musulmane, la révélation commence en 610, pendant le mois de Ramadan, lorsque l’ange Gabriel (Jibril) apparaît à Mohammed ﷺ, alors âgé d’une quarantaine d’années, dans la grotte de Hira, près de La Mecque. Le Coran situe lui-même sa « descente » pendant le mois de Ramadan (Coran, 2:185), au cours de la Nuit du Destin, Laylat al-Qadr (Coran, 97:1). Les premiers versets révélés ouvrent la sourate al-‘Alaq : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas » (Coran, 96:1-5 ; récit rapporté par al-Bukhari, n° 3). La révélation se poursuit ensuite par fragments, au fil des événements, pendant environ vingt-trois ans, jusqu’à la mort du Prophète ﷺ à Médine en 632.
- 114 sourates (chapitres), de longueur très inégale : la plus longue, al-Baqara (la Vache), compte 286 versets ; les plus courtes, comme al-Kawthar, n’en comptent que trois.
- 6 236 versets (âyât) selon le décompte de Koufa, suivi par les éditions en lecture Hafs. D’autres décomptes anciens (Médine, La Mecque, Bassora, Damas) découpent certains passages autrement et aboutissent à des totaux légèrement différents, sans qu’aucun mot du texte ne change.
- 30 parties (juz’) de longueur à peu près égale, chacune divisée en deux hizb : un découpage pratique pour lire le Coran en un mois. Dans le mushaf de Médine, très répandu, le texte occupe 604 pages, soit une vingtaine de pages par juz’.
- Sourates mecquoises et médinoises : selon la classification indiquée dans les éditions courantes du mushaf, 86 sourates sont dites mecquoises (révélées avant l’Hégire, en 622) et 28 médinoises. Les premières insistent sur l’unicité de Dieu, la résurrection et les récits des prophètes ; les secondes abordent davantage la vie de la communauté, le culte et le droit.
- Chaque sourate s’ouvre par la basmala (« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux »), sauf la neuvième, at-Tawba.
Le Coran a été révélé en arabe : « Nous l’avons fait descendre, un Coran en [langue] arabe, afin que vous raisonniez » (Coran, 12:2). C’est le texte arabe que l’on récite dans la prière ; les traductions, indispensables pour comprendre, sont considérées comme des traductions du sens et non comme le Coran lui-même.
De la révélation au mushaf
Du vivant du Prophète ﷺ, le Coran était appris par cœur par de nombreux Compagnons et mis par écrit par des scribes, comme Zayd ibn Thabit, sur les supports de l’époque. Chaque année, l’ange Gabriel le révisait avec lui, et il le fit deux fois l’année de sa mort (rapporté par al-Bukhari, n° 4998). Après la bataille de la Yamama (632-633), où périrent de nombreux récitants, le calife Abou Bakr chargea Zayd ibn Thabit de rassembler tous les fragments en un recueil unique (al-Bukhari, n° 4986). Vers 650, le calife ‘Uthman fit établir à partir de ce recueil des copies de référence, envoyées dans les grandes villes, afin d’unifier la récitation (al-Bukhari, n° 4987). C’est ce texte, dit « ‘uthmanien », que reproduisent tous les mushafs (exemplaires écrits du Coran) d’aujourd’hui. Les musulmans y voient la réalisation de la promesse divine : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien » (Coran, 15:9).
Les mérites de la lecture du Coran
De nombreux hadiths authentiques encouragent à lire, à apprendre et à enseigner le Coran :
- « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne » (rapporté par al-Bukhari, n° 5027).
- « Celui qui lit une lettre du Livre d’Allah obtient une bonne action, et la bonne action vaut dix fois autant. Je ne dis pas que Alif-Lâm-Mîm est une lettre : alif est une lettre, lâm est une lettre et mîm est une lettre » (rapporté par al-Tirmidhi, n° 2910, hadith jugé bon).
- « Lisez le Coran, car il viendra le Jour de la Résurrection intercéder en faveur de ceux qui le lisaient » (rapporté par Muslim, n° 804).
- « Celui qui récite le Coran avec aisance sera en compagnie des nobles et pieux anges scribes ; et celui qui le récite en butant, avec difficulté, aura une double récompense » (rapporté par al-Bukhari, n° 4937, et Muslim, n° 798).
Ce dernier hadith est un précieux encouragement pour les débutants : l’effort de celui qui peine à lire est lui-même récompensé. Le Prophète ﷺ comparait aussi le croyant qui lit le Coran à un cédrat, « dont le goût est bon et le parfum est bon » (al-Bukhari, n° 5020).
Les règles de bienséance (adab) de la récitation
Les savants, notamment l’imam al-Nawawi (mort en 1277) dans son Tibyân fî âdâb hamalat al-Qur’ân, ont rassemblé les règles de bienséance qui entourent la lecture. Quelques-unes sont des obligations ; la plupart sont des recommandations.
Avant de commencer
- La pureté rituelle : la grande majorité des savants, dont les quatre écoles juridiques, exigent les ablutions (wudu) pour toucher le mushaf, en s’appuyant notamment sur la lettre du Prophète ﷺ à ‘Amr ibn Hazm : « que nul ne touche le Coran s’il n’est pur » (Muwatta’ de l’imam Malik). Réciter de mémoire sans ablutions est en revanche permis. En état d’impureté majeure (janaba), la plupart des savants interdisent la récitation avant le grand lavage (ghusl) ; pour la femme en période de règles, les avis divergent, l’école malikite l’autorisant notamment à réciter de mémoire. Pour un cas personnel, interrogez un savant de confiance.
- Un lieu propre et une attitude digne : si possible face à la qibla, assis avec calme et humilité, plutôt que dans une posture désinvolte. Pour les savants, la lecture la plus méritoire est celle que l’on fait debout dans la prière, en particulier la prière de nuit.
- Demander la protection de Dieu : « Lorsque tu lis le Coran, demande la protection d’Allah contre le Diable banni » (Coran, 16:98). On dit a‘ûdhu billâhi mina ch-chaytâni r-rajîm, puis on prononce la basmala au début de chaque sourate (sauf at-Tawba).
- Une intention sincère : lire pour Dieu et pour être guidé, non pour être admiré.
Pendant la lecture
- Lire posément : « Et récite le Coran, lentement et clairement » (Coran, 73:4). Interrogé sur la récitation du Prophète ﷺ, Anas ibn Malik répondit qu’il allongeait les sons, prolongeant bismillâh, ar-Rahmân et ar-Rahîm (al-Bukhari, n° 5046). À un homme qui disait avoir lu en une seule unité de prière toutes les courtes sourates de la fin du Coran (le mufassal), Ibn Mas‘ud reprocha une lecture « débitée comme de la poésie » (al-Bukhari, n° 775).
- Vivre ce que l’on lit : Hudhayfa rapporte que le Prophète ﷺ, lisant de nuit, glorifiait Dieu en passant par un verset de glorification, implorait en passant par un verset d’imploration et demandait protection devant un verset évoquant le châtiment (Muslim, n° 772).
- Savoir s’arrêter : « Lorsque l’un de vous se lève la nuit et que le Coran devient confus sur sa langue au point qu’il ne sait plus ce qu’il dit, qu’il aille se coucher » (Muslim, n° 787).
- Écouter en silence lorsque le Coran est récité : « prêtez-lui l’oreille attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la miséricorde » (Coran, 7:204).
- La prosternation de récitation (sujud at-tilawa) : à certains versets, signalés dans le mushaf par le signe ۩, il est recommandé de se prosterner. Leur nombre varie selon les écoles juridiques, de onze à quinze.
Voix haute ou voix basse ?
Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui récite le Coran à voix haute est comme celui qui donne l’aumône ouvertement, et celui qui le récite à voix basse est comme celui qui donne l’aumône en secret » (rapporté par Abou Dawud, n° 1333, et al-Tirmidhi, n° 2919 ; hadith authentique). Les deux sont donc bons. Comme pour l’aumône discrète, la lecture à voix basse est préférable lorsqu’on craint l’ostentation ou que l’on risque de gêner quelqu’un qui prie ou qui dort ; la voix haute l’est dans les autres cas, car elle aide à se concentrer, chasse la somnolence et profite à ceux qui écoutent. Même à voix basse, la plupart des juristes demandent d’articuler réellement les mots, en particulier dans la prière : une lecture purement intérieure ne compte pas comme une récitation.
Il est en outre recommandé d’embellir sa voix : « Embellissez le Coran par vos voix » (Abou Dawud, n° 1468 ; hadith authentique). Le Prophète ﷺ complimenta Abou Moussa al-Ach‘ari pour la beauté de sa récitation, en lui disant qu’il avait reçu « l’une des flûtes de la famille de David » (al-Bukhari, n° 5048). Chacun le fait selon ses moyens, sans affectation. Ce que de nombreux savants anciens ont désapprouvé, ce n’est pas la belle voix, mais les mélodies qui obligent à allonger ou à écourter les sons au mépris des règles de la récitation.
Méditer ce que l’on récite
Le but de la lecture est la compréhension et la méditation (tadabbur) : « [Voici] un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence réfléchissent ! » (Coran, 38:29). Abou Dharr rapporte que le Prophète ﷺ passa une nuit entière en prière à répéter un seul verset : « Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage » (Coran, 5:118 ; rapporté par al-Nasa’i, n° 1010, et Ibn Majah, n° 1350, hadith jugé bon). On rapporte de même que le Compagnon Tamim ad-Dari pria jusqu’à l’aube, ou presque, en répétant en pleurs ce verset : « Ceux qui commettent des mauvaises actions comptent-ils que Nous allons les traiter comme ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres ? » (Coran, 45:21). Et lorsqu’Ibn Mas‘ud récita au Prophète ﷺ la sourate an-Nisa’ jusqu’au verset 41, il vit ses yeux se remplir de larmes (al-Bukhari, n° 5050).
Le savant al-Ghazali (mort en 1111), dans sa Revivification des sciences de la religion (Ihyâ’ ‘ulûm ad-dîn), décrit les dispositions intérieures du lecteur. On peut les résumer ainsi :
- se rappeler que l’on lit la Parole de Dieu et non un discours humain, et mesurer la grandeur de Celui qui parle ;
- être présent par le cœur et réfléchir à chaque verset : en lisant « Louange à Allah qui a créé les cieux et la Terre » (Coran, 6:1), contempler Sa puissance dans la création ; en lisant « Avez-vous considéré le liquide que vous répandez ? Est-ce vous ou bien Nous qui l’avons créé ? » (Coran, 56:58-59), méditer sur la formation de l’être humain à partir d’une simple goutte ;
- écarter ce qui empêche de comprendre : le scrupule excessif qui fait reprendre sans cesse une lettre que l’on croit mal prononcée, ou l’attachement obstiné à un péché, qui ternit le cœur comme la rouille ternit un miroir ;
- se sentir personnellement concerné : les récits et les avertissements ne sont pas là pour distraire, mais pour guider, comme une lettre qu’un souverain adresserait à chacun de ses sujets ;
- rester humble : celui qui voit ses propres manquements, plutôt que de se juger satisfait de lui-même, se rapproche davantage de Dieu.
À quel rythme lire le Coran ?
Le Prophète ﷺ conseilla à ‘Abdallah ibn ‘Amr de lire le Coran en entier en un mois ; comme celui-ci se disait capable de davantage, il lui dit : « Lis-le alors en sept jours, et ne va pas au-delà » (al-Bukhari, n° 5054). Il dit aussi : « Celui qui lit le Coran en moins de trois jours ne le comprend pas » (Abou Dawud, n° 1394, et al-Tirmidhi, n° 2949 ; hadith authentique). Les pieux prédécesseurs avaient des habitudes très diverses, et l’on rapporte même, par une chaîne jugée authentique par Ibn Hajar, que le calife ‘Uthman lut un jour le Coran entier en une seule unité de prière. Al-Nawawi en conclut que le bon rythme dépend de chacun : celui qui tire de sa lecture des réflexions profondes, ou qui est occupé par l’enseignement et d’autres tâches utiles, se limite à ce qui lui permet de bien comprendre sans négliger ses devoirs ; les autres lisent autant qu’ils le peuvent, sans aller jusqu’à la lassitude ni à la précipitation.
L’essentiel est la régularité : « Entretenez votre connaissance du Coran, car, par Celui qui tient mon âme en Sa main, il s’échappe plus vite que des chameaux de leurs entraves » (al-Bukhari, n° 5033). Le Coran rapporte d’ailleurs la plainte du Messager : « Ô Seigneur ! Mon peuple a vraiment pris ce Coran pour une chose délaissée ! » (Coran, 25:30). Quelques repères pour s’organiser, sur la base d’un mushaf de 604 pages :
| Rythme quotidien | Durée d’une lecture complète |
|---|---|
| 2 pages par jour | environ 10 mois |
| 4 pages après chacune des cinq prières (environ 1 juz’) | environ 1 mois |
| 2 juz’ par jour | environ 15 jours |
| Un peu plus de 4 juz’ par jour | 7 jours |
Lorsqu’on achève une lecture complète (khatm), il est bon d’invoquer Dieu : Anas ibn Malik réunissait alors sa famille pour faire des invocations (récit dont al-Nawawi juge la chaîne authentique). En revanche, les hadiths attribuant au Prophète ﷺ la promesse d’une invocation toujours exaucée à chaque khatm sont jugés faibles par les spécialistes. Pendant le mois de Ramadan, beaucoup de musulmans s’efforcent de lire ou d’écouter le Coran en entier : voir notre article sur l’écoute du Coran pendant le Ramadan.
Les bases du tajwid
Le tajwid (littéralement « le fait de bien faire ») est l’ensemble des règles qui permettent de prononcer le Coran tel qu’il a été transmis : chaque lettre à son point d’articulation, avec ses caractéristiques, ses durées et ses liaisons. Les savants distinguent la faute manifeste (lahn jaliyy), qui altère une lettre ou une voyelle, et parfois le sens, de la faute discrète (lahn khafiyy), qui touche à la perfection de la récitation. Éviter les fautes manifestes est une obligation pour tout récitant ; l’étude détaillée des règles est une obligation collective, que certains doivent assumer pour la communauté. Voici les notions qu’un débutant rencontre en premier :
- Les points d’articulation (makharij) : la gorge, la langue, les lèvres, la cavité nasale. Il faut par exemple bien distinguer ح de ه, ع de ء, س de ص, ou encore ذ, ز et ظ.
- Les lettres emphatiques : خ ص ض غ ط ق ظ se prononcent « pleines » (tafkhim), la plupart des autres lettres « fines » (tarqiq).
- Le noun sakin et le tanwin suivent quatre règles selon la lettre qui vient après : prononciation claire (izhar) devant les six lettres de la gorge (ء ه ع ح غ خ), assimilation (idgham) devant les lettres du mot يرملون, transformation en mim (iqlab) devant ب, et prononciation voilée et nasalisée (ikhfa’) devant les quinze autres lettres.
- Les prolongations (madd) : la voyelle longue naturelle dure deux temps ; elle s’allonge à quatre, cinq ou six temps devant une hamza ou une lettre sans voyelle, selon des règles précises.
- Le rebond (qalqala) des lettres ق ط ب ج د lorsqu’elles ne portent pas de voyelle, et la nasalisation (ghunna) du noun et du mim doublés.
- Les pauses (waqf) : de petits signes placés au-dessus du texte indiquent où l’arrêt est obligatoire (م), préférable (قلى), indifférent (ج), permis mais moins bon que l’enchaînement (صلى) ou à éviter (لا).
Ces règles s’apprennent surtout à l’oreille, auprès d’un enseignant : le Coran se transmet depuis l’origine de bouche à oreille (talaqqi), et les maîtres confirmés délivrent à leurs élèves une licence (ijaza) adossée à une chaîne de transmission qui remonte au Prophète ﷺ.
Les lectures et les transmissions du Coran
Le Coran a été révélé selon « sept modes » (ahruf). Un jour, ‘Umar ibn al-Khattab entendit Hicham ibn Hakim réciter la sourate al-Furqan autrement que lui ; le Prophète ﷺ approuva les deux lectures et dit : « Ce Coran a été révélé selon sept modes : récitez-le de la manière qui vous est la plus facile » (al-Bukhari, n° 4992). Ces modes ne se confondent pas avec les lectures (qira’at) enseignées aujourd’hui, qui s’inscrivent toutes dans le texte ‘uthmanien. Au Xe siècle, Ibn Mujahid (mort en 936) retint sept lecteurs de référence ; Ibn al-Jazari (mort en 1429) en reconnut ensuite dix. Chaque lecture est connue par deux transmetteurs principaux, d’où le nom de « transmission » (riwaya). Les différences portent surtout sur la prononciation (durée des prolongations, traitement de la hamza, inclinaison de certaines voyelles) et parfois sur la vocalisation d’un mot, sans sortir du même texte.
| Transmission | Lecteur et ville | Où elle est surtout lue aujourd’hui |
|---|---|---|
| Hafs ‘an ‘Asim | ‘Asim (Koufa) | La plus répandue dans le monde : Proche-Orient, péninsule Arabique, Turquie, Asie, Europe… |
| Warsh ‘an Nafi‘ | Nafi‘ (Médine) | Maroc, Algérie, Mauritanie et une grande partie de l’Afrique de l’Ouest |
| Qalun ‘an Nafi‘ | Nafi‘ (Médine) | Libye et une partie de la Tunisie |
| ad-Duri ‘an Abi ‘Amr | Abou ‘Amr (Bassora) | Notamment au Soudan |
Si vous lisez dans un mushaf maghrébin (lecture Warsh ou Qalun), vous remarquerez quelques conventions d’écriture propres, comme le point du fa’ placé sous la lettre et celui du qaf au-dessus, ainsi qu’une numérotation des versets parfois différente. Il est conseillé d’apprendre d’abord une seule transmission, celle de votre entourage ou de votre enseignant.
Conseils pour bien débuter
- Apprenez l’alphabet arabe et les signes de vocalisation (fatha, kasra, damma, soukoun, chadda), de préférence avec un enseignant : à la mosquée, dans une école coranique ou par un cours en ligne sérieux.
- Commencez par la sourate al-Fatiha, récitée dans chaque unité de prière, puis par les courtes sourates de la fin du Coran (le juz’ ‘Amma), comme al-Ikhlas, al-Falaq et an-Nas, que vous utiliserez dans la prière.
- Lisez un peu chaque jour, à heure fixe, par exemple après la prière de l’aube : quelques versets réguliers valent mieux qu’une longue séance de temps en temps.
- Écoutez de bons récitants et répétez après eux. Le cheikh Mahmoud Khalil Al Hussary (1917-1980), réputé pour la rigueur de sa récitation, fut le premier à enregistrer le Coran entier en style murattal (lecture posée) et a laissé une version pédagogique, al-Mushaf al-Mu‘allim, conçue pour apprendre en répétant. La récitation de Mohamed Seddik El Menchaoui (1920-1969) est aussi très appréciée des apprenants. Abdelbasset Abdessamad (1927-1988) est célèbre pour ses récitations psalmodiées (mujawwad), tandis que Mishary Rashid Alafasy et Abdul Rahman Al Sudais, imam de la Grande Mosquée de La Mecque, comptent parmi les voix les plus écoutées aujourd’hui. Leurs récitations sont disponibles sur notre page Coran.
- Lisez une traduction et un commentaire simple à côté du texte arabe, pour comprendre ce que vous récitez.
- Mémorisez peu à peu : répétez un verset jusqu’à le savoir, révisez les anciens avant d’en ajouter de nouveaux, et récitez-les dans vos prières.
- Soyez patient : celui qui lit avec difficulté reçoit une double récompense.
Lire le Coran, c’est entamer un dialogue avec Dieu qui dure toute une vie. Que les difficultés du début ne découragent personne : chaque lettre lue est une bonne action, et chaque verset compris éclaire un peu plus le chemin.