Islam
La prière (salat) en islam : comment prier, ablutions, horaires et règles
La prière (salat) est le deuxième pilier de l’islam, après l’attestation de foi. Cinq fois par jour, le musulman se tient devant son Seigneur, s’incline et se prosterne, tourné vers la Kaaba. C’est la première œuvre sur laquelle il sera interrogé au Jour du Jugement, et le lien quotidien qui rythme sa journée. Ce guide en explique le sens, les conditions, les horaires, les ablutions et la manière de prier pas à pas, ainsi que les règles de la prière en commun, du vendredi, du voyageur et du malade.
La place de la prière en islam
Le Prophète Mohammed ﷺ a dit : « L’islam est bâti sur cinq piliers : l’attestation qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la zakat, le pèlerinage et le jeûne du Ramadan » (rapporté par al-Bukhari, n° 8, et Muslim, n° 16). La prière a été prescrite lors du voyage nocturne et de l’ascension du Prophète ﷺ (al-Isra’ wal-Mi’raj) : d’abord fixée à cinquante, elle fut ramenée à cinq prières quotidiennes, qui valent la récompense de cinquante (rapporté par al-Bukhari, n° 349).
Le Coran en rappelle sans cesse l’importance : « la prière demeure, pour les croyants, une prescription à des temps déterminés » (Coran, 4:103) ; « En vérité la prière préserve de la turpitude et du blâmable. Et le rappel d’Allah est certes ce qu’il y a de plus grand » (Coran, 29:45). Allah dit à Moïse (Moussa) : « Adore-Moi et accomplis la prière en souvenir de Moi » (Coran, 20:14). Le Prophète ﷺ comparait les cinq prières à une rivière qui coulerait devant la porte d’un homme et dans laquelle il se laverait cinq fois par jour : il ne lui resterait aucune saleté. « Ainsi en est-il des cinq prières, par lesquelles Allah efface les fautes » (rapporté par al-Bukhari, n° 528). Il a dit aussi : « La prière est une lumière » (rapporté par Muslim, n° 223).
La prière est enfin la première œuvre examinée au Jour de la Résurrection : « si elle est correcte, il a réussi et il est sauvé ; si elle est défaillante, il a échoué et il est perdu » (rapporté par at-Tirmidhi, n° 413, et Abou Dawoud, n° 864). Le Prophète ﷺ a mis en garde contre son abandon : « Le pacte qui nous lie à eux est la prière : celui qui la délaisse a mécru » (rapporté par at-Tirmidhi, n° 2621, et an-Nasa’i, n° 463). Les savants divergent sur la portée de ce hadith : pour les uns, celui qui délaisse totalement la prière sort de l’islam ; pour la majorité, celui qui la néglige sans nier son obligation commet un très grand péché, sans pour autant cesser d’être musulman. Au Jour du Jugement, les gens de l’Enfer diront : « Nous n’étions pas de ceux qui faisaient la prière » (Coran, 74:43).
Le sens de la prière : le cœur, la langue et le corps
Les savants, comme Shah Waliullah de Delhi dans son ouvrage Hujjat Allah al-Baligha, montrent que la prière réunit trois formes d’adoration. Le cœur s’y humilie en contemplant la majesté et la toute-puissance d’Allah ; la langue l’exprime par la louange, la récitation et l’invocation ; le corps tout entier s’y soumet par ses positions. La prière associe trois postures qui vont croissant dans l’humilité : se tenir debout devant son Seigneur dans un entretien intime, s’incliner (le cou courbé est, chez tous les peuples, le signe de la soumission, comme dans le verset « leurs nuques resteront courbées », Coran, 26:4), puis se prosterner, en posant sur le sol le visage, la partie la plus noble du corps. « Le serviteur n’est jamais aussi proche de son Seigneur que lorsqu’il est prosterné ; multipliez donc les invocations » (rapporté par Muslim, n° 482).
Cette alliance du cœur et des gestes rend la prière accessible à tous : le croyant qui sait se recueillir profondément y trouve la contemplation, et celui dont l’attention s’égare est soutenu par la récitation et les mouvements, qui ramènent son esprit vers Allah. C’est pourquoi la prière est la mère des actes d’adoration. Le Coran fait l’éloge des « croyants […] qui sont humbles dans leur prière » (Coran, 23:1-2). Lorsqu’un compagnon, Rabi’a ibn Ka’b, demanda au Prophète ﷺ d’être son compagnon au Paradis, celui-ci lui répondit : « Aide-moi donc à te l’obtenir en multipliant les prosternations » (rapporté par Muslim, n° 489).
On entend souvent dire que « la prière est l’ascension (mi’raj) du croyant ». Cette formule n’est pas un hadith authentique, mais elle exprime une idée juste : la prière élève le croyant et le prépare à la rencontre de son Seigneur. Le Prophète ﷺ a dit en regardant la pleine lune : « Vous verrez votre Seigneur comme vous voyez cette lune […] Si vous le pouvez, ne vous laissez donc pas détourner de la prière d’avant le lever du soleil et de celle d’avant son coucher », c’est-à-dire le fajr et le asr (rapporté par al-Bukhari, n° 554, et Muslim, n° 633). Et chaque prière accomplie avec sincérité efface des fautes, car « les bonnes œuvres dissipent les mauvaises » (Coran, 11:114).
Qui doit prier, et à quelles conditions ?
La prière est obligatoire pour tout musulman pubère et sain d’esprit. On apprend aux enfants à prier dès l’âge de sept ans (rapporté par Abou Dawoud, n° 495). La femme en période de règles ou de lochies ne prie pas et n’a pas à rattraper ces prières (rapporté par al-Bukhari, n° 321). Celui qui a oublié une prière ou s’est endormi la rattrape dès qu’il s’en souvient (rapporté par al-Bukhari, n° 597, et Muslim, n° 684).
Pour être valable, la prière suppose :
- la pureté rituelle : avoir fait ses ablutions (woudou), ou le grand lavage (ghousl) si celui-ci est dû ;
- la propreté du corps, des vêtements et du lieu de prière ;
- couvrir sa nudité (awra) : pour l’homme, au moins du nombril aux genoux ; pour la femme, tout le corps à l’exception du visage et des mains, selon la majorité des savants ;
- se tourner vers la qibla, la direction de la Kaaba à La Mecque (Coran, 2:144) ;
- l’entrée de l’heure de la prière ;
- l’intention, formulée dans le cœur : savoir quelle prière l’on accomplit.
Les cinq prières et leurs horaires
Les horaires des prières dépendent de la position du soleil, et changent donc chaque jour et d’une ville à l’autre. Leur définition vient de la tradition prophétique (rapporté notamment par Muslim, n° 612) :
| Prière | Début et fin | Unités obligatoires (rak’as) |
|---|---|---|
| Fajr (ou sobh), l’aube | De l’aube véritable, quand la lumière blanche s’étend sur l’horizon, jusqu’au lever du soleil | 2 |
| Dhohr, la mi-journée | Dès que le soleil a passé le zénith, jusqu’à ce que l’ombre d’un objet égale sa longueur (en plus de l’ombre de midi) ; deux fois sa longueur selon les hanafites | 4 |
| Asr, l’après-midi | De la fin du dhohr jusqu’au coucher du soleil, sans la retarder sans raison jusqu’à ce que le soleil jaunisse | 4 |
| Maghrib, le coucher du soleil | Du coucher du soleil jusqu’à la disparition de la lueur rouge du crépuscule | 3 |
| Icha, la nuit | De la disparition du crépuscule jusqu’au milieu de la nuit, et en cas de besoin jusqu’à l’aube selon la majorité des savants | 4 |
Soit dix-sept unités obligatoires par jour. La « prière du milieu », que le Coran demande de préserver tout particulièrement (Coran, 2:238), est la prière du asr selon le hadith rapporté par Muslim (n° 628). Il est préférable de prier au début de l’heure, sauf pour le icha, que l’on peut retarder un peu. Les prières surérogatoires sont déconseillées à trois moments : du fajr jusqu’à ce que le soleil soit bien levé, au moment où il est au zénith, et du asr jusqu’au coucher du soleil (rapporté par al-Bukhari, n° 586, et Muslim, n° 831).
Le fajr et le icha se calculent d’après l’abaissement du soleil sous l’horizon, et les institutions ne retiennent pas toutes le même angle : 12° pour les Musulmans de France (ex-UOIF), 15° en Amérique du Nord (ISNA), 18° pour le fajr et 17° pour le icha selon la Ligue islamique mondiale, 18,5° pour le fajr à La Mecque (calendrier Umm al-Qura), 19,5° en Égypte… Sous les latitudes européennes, l’écart peut dépasser une heure en été. Le plus simple est de suivre les horaires de votre mosquée. Vous pouvez aussi consulter les horaires de prière de votre ville, en choisissant la méthode de calcul qui vous convient.
Les ablutions (woudou) et le grand lavage (ghousl)
Les ablutions
Les ablutions sont prescrites par le Coran :
« Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes ; passez les mains mouillées sur vos têtes ; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. » (Coran, 5:6)
Selon la manière transmise de la sunna :
- formuler l’intention dans son cœur et dire « Bismillah » (au nom d’Allah) ;
- se laver les mains trois fois ;
- se rincer la bouche, puis aspirer de l’eau par le nez et la rejeter, trois fois ;
- se laver le visage trois fois, du haut du front au menton et d’une oreille à l’autre ;
- se laver les bras jusqu’aux coudes compris, le droit puis le gauche, trois fois ;
- passer les mains mouillées sur la tête, d’avant en arrière puis d’arrière en avant, puis essuyer les oreilles ;
- se laver les pieds jusqu’aux chevilles comprises, le droit puis le gauche, trois fois ;
- dire : « J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah, seul et sans associé, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son messager » (rapporté par Muslim, n° 234).
Les quatre actes mentionnés dans le verset sont obligatoires pour toutes les écoles. S’y ajoutent, selon les écoles, l’intention (malikites, chafiites, hanbalites), le respect de l’ordre (chafiites, hanbalites), l’enchaînement sans interruption (malikites, hanbalites) et le frottement (malikites). Le reste, comme répéter trois fois, est sunna.
Les ablutions sont annulées par ce qui sort des voies naturelles (urine, selles, gaz…), par le sommeil profond et par la perte de conscience. D’autres causes sont discutées entre les écoles : le contact de la main avec les parties intimes, le contact d’une personne de l’autre sexe (chafiites, et malikites ou hanbalites s’il y a désir), le saignement abondant ou le vomissement (hanafites), la consommation de viande de chameau (hanbalites). Le Prophète ﷺ a permis de passer la main mouillée sur des chaussettes de cuir (khouffs) enfilées en état de pureté, pendant un jour et une nuit pour le résident et trois jours pour le voyageur (rapporté par Muslim, n° 276).
Le grand lavage
Le ghousl est obligatoire après un rapport sexuel ou une éjaculation (état de janaba), à la fin des règles et des lochies, et, selon plusieurs écoles, lors de la conversion à l’islam. Il consiste au minimum à formuler l’intention et à faire couler l’eau sur tout le corps (y compris, pour les hanafites et les hanbalites, l’intérieur de la bouche et du nez). Selon la sunna, on se lave d’abord les mains, puis les parties intimes, on fait ses ablutions comme pour la prière, on fait pénétrer l’eau jusqu’à la racine des cheveux, on verse trois poignées d’eau sur la tête, puis on lave le reste du corps en commençant par le côté droit (rapporté par al-Bukhari, n° 248, et Muslim, n° 316). Le ghousl est en outre recommandé le vendredi (rapporté par al-Bukhari, n° 877 ; certains savants le jugent même obligatoire d’après le hadith n° 879), pour les deux Aïds et avant l’entrée en état de sacralisation.
Les ablutions sèches (tayammoum)
En l’absence d’eau, ou si son usage est nocif à cause d’une maladie, on fait les ablutions sèches : on frappe de la terre propre (ou une surface de pierre ou de sable) avec les paumes, puis on se passe les mains sur le visage et sur les mains (Coran, 4:43 et 5:6). « Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne », précise le verset.
Comment faire la prière, étape par étape
« Priez comme vous m’avez vu prier », a dit le Prophète ﷺ (rapporté par al-Bukhari, n° 631). Voici le déroulement d’une prière de deux unités, comme celle du fajr :
- Se tenir debout face à la qibla, en état de pureté, avec l’intention dans le cœur.
- Prononcer le takbir d’ouverture : « Allahou akbar » (Allah est le plus grand), en levant les mains à hauteur des épaules ou des oreilles. On entre alors en état de prière : on ne parle plus et l’on ne s’occupe plus d’autre chose.
- Réciter debout, la main droite posée sur la gauche (sur la poitrine ou sous le nombril selon les écoles ; beaucoup de malikites gardent les bras le long du corps). On peut dire l’invocation d’ouverture : « Soubhanaka Allahoumma wa bihamdika, wa tabaraka smouka, wa ta’ala jaddouka, wa la ilaha ghayrouk » (Gloire à Toi, ô Allah, et louange à Toi ; béni soit Ton nom, élevée soit Ta majesté ; il n’y a pas de divinité en dehors de Toi), rapportée par at-Tirmidhi (n° 243). On demande ensuite la protection d’Allah contre Satan, on récite la sourate al-Fatiha, obligatoire à chaque unité (« Pas de prière pour qui ne récite pas la Fatiha », rapporté par al-Bukhari, n° 756), on dit « Amine », puis l’on récite une autre sourate ou quelques versets, par exemple la sourate al-Ikhlas.
- S’incliner (rukou’) en disant « Allahou akbar », le dos droit, les mains sur les genoux, et dire trois fois : « Soubhana Rabbiya l-Adhim » (Gloire à mon Seigneur, l’Immense).
- Se redresser en disant « Sami’a Llahou li-man hamidah » (Allah entend celui qui Le loue), puis, debout, « Rabbana wa laka l-hamd » (Notre Seigneur, à Toi la louange).
- Se prosterner (soujoud) en disant « Allahou akbar », sur sept parties du corps : le front avec le nez, les deux mains, les deux genoux et les orteils des deux pieds (rapporté par al-Bukhari, n° 812). On dit trois fois : « Soubhana Rabbiya l-A’la » (Gloire à mon Seigneur, le Très-Haut), C’est le moment privilégié de l’invocation.
- S’asseoir entre les deux prosternations en disant « Allahou akbar », puis « Rabbi ghfir li » (Seigneur, pardonne-moi), rapporté par Ibn Maja (n° 897).
- Se prosterner une seconde fois, de la même manière, puis se relever en disant « Allahou akbar » pour la deuxième unité, qui se déroule comme la première.
- S’asseoir pour le tachahhoud après les deux prosternations de la deuxième unité (voir ci-dessous). Dans une prière de trois ou de quatre unités, on se relève ensuite pour les unités restantes, où l’on ne récite que la Fatiha, puis l’on s’assoit pour le tachahhoud final.
- Terminer par la prière sur le Prophète ﷺ et une invocation, puis par la salutation finale (taslim) : « As-salamou alaykoum wa rahmatoullah » (Que la paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous), en tournant la tête à droite puis à gauche (un seul taslim chez les malikites).
Le tachahhoud le plus répandu, transmis par Ibn Mas’oud (rapporté par al-Bukhari, n° 831), est le suivant :
« At-tahiyyatou lillahi wa s-salawatou wa t-tayyibat. As-salamou alayka ayyouha n-nabiyyou wa rahmatoullahi wa barakatouh. As-salamou alayna wa ala ibadi Llahi s-salihin. Ach-hadou an la ilaha illa Llah, wa ach-hadou anna Mouhammadan abdouhou wa rasoulouh. » Les salutations, les prières et les bonnes œuvres sont à Allah. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions. Que la paix soit sur nous et sur les vertueux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a de divinité qu’Allah et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son messager.
Lors du tachahhoud final, on y ajoute la prière sur le Prophète ﷺ (as-salat al-ibrahimiyya), qu’il a enseignée à ses compagnons : « Ô Allah, prie sur Mohammed et sur la famille de Mohammed comme Tu as prié sur Abraham et sur la famille d’Abraham ; Tu es certes digne de louange et de gloire. Ô Allah, bénis Mohammed et la famille de Mohammed comme Tu as béni Abraham et la famille d’Abraham ; Tu es certes digne de louange et de gloire » (rapporté par al-Bukhari, n° 3370).
Dans les prières du fajr, du maghrib et du icha, l’imam récite à voix haute dans les deux premières unités ; le dhohr et le asr se récitent à voix basse. Celui qui oublie un élément de la prière, ou doute du nombre d’unités, accomplit deux prosternations de l’oubli (soujoud as-sahw) avant ou après la salutation finale (rapporté par al-Bukhari, n° 1224). Après la prière, il est recommandé de glorifier Allah : trente-trois fois « Soubhana Llah », trente-trois fois « Al-hamdou lillah », trente-trois fois « Allahou akbar », et de compléter la centaine par l’attestation de l’unicité (rapporté par Muslim, n° 597).
Les écoles juridiques diffèrent sur certains détails : lever les mains à l’inclinaison, position des mains, récitation derrière l’imam, nombre de salutations finales… Ces divergences s’appuient toutes sur la sunna et ne doivent pas diviser les fidèles : suivez l’enseignement de votre mosquée ou d’un savant de confiance. Pour bien réciter, voir notre article Comment lire ou réciter le Coran.
La prière en commun et la prière du vendredi
La prière en groupe
« La prière en groupe surpasse de vingt-sept degrés la prière accomplie seul » (rapporté par al-Bukhari, n° 645, et Muslim, n° 650, d’après Ibn Omar). D’autres versions authentiques parlent de vingt-cinq degrés (rapporté par al-Bukhari, n° 646 et 647). Chaque pas vers la mosquée élève d’un degré et efface une faute, et les anges prient pour celui qui reste assis à sa place de prière (al-Bukhari, n° 647). Pour les hommes, la prière en groupe est une obligation individuelle selon les hanbalites, une obligation collective selon les chafiites et une sunna fortement recommandée selon les hanafites et les malikites. Les femmes peuvent se rendre à la mosquée : « N’empêchez pas les servantes d’Allah de se rendre aux mosquées d’Allah » (rapporté par al-Bukhari, n° 900, et Muslim, n° 442), tout en précisant que leurs maisons sont meilleures pour elles (rapporté par Abou Dawoud, n° 567).
En groupe, on aligne bien les rangs, épaule contre épaule, et l’on suit l’imam sans jamais le devancer (rapporté par al-Bukhari, n° 691). Celui qui arrive en retard rejoint l’imam dans la position où il se trouve ; selon la majorité des savants, il a rattrapé une unité s’il a rejoint l’inclinaison. Il complète ensuite seul les unités manquées après la salutation de l’imam.
La prière du vendredi (joumou’a)
« Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et laissez tout négoce. Cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez ! » (Coran, 62:9)
La prière du vendredi remplace le dhohr. Elle comprend deux sermons, suivis de deux unités récitées à voix haute. Elle est obligatoire pour les hommes adultes résidents ; en sont dispensés les femmes, les enfants, les malades (rapporté par Abou Dawoud, n° 1067) et les voyageurs, qui prient le dhohr, mais leur prière du vendredi est valable s’ils y assistent. Il est recommandé de faire le ghousl, de se parfumer, de venir tôt et d’écouter le sermon en silence : « Si tu dis à ton voisin “Tais-toi !” pendant que l’imam prêche, tu as toi-même parlé en vain » (rapporté par al-Bukhari, n° 934). Le Prophète ﷺ a averti que celui qui délaisse trois prières du vendredi par négligence voit son cœur scellé (rapporté par Abou Dawoud, n° 1052, et at-Tirmidhi, n° 500). Beaucoup de musulmans lisent aussi la sourate al-Kahf ce jour-là, pratique recommandée par un hadith rapporté par al-Hakim.
Les prières surérogatoires (sunna)
- Les sunnas régulières (rawatib) : « Quiconque prie douze unités par jour en plus des prières obligatoires, Allah lui bâtit une demeure au Paradis » (rapporté par Muslim, n° 728) : quatre avant le dhohr et deux après, deux après le maghrib, deux après le icha et deux avant le fajr (rapporté par at-Tirmidhi, n° 415). Ibn Omar en mentionne dix, avec deux unités seulement avant le dhohr (rapporté par al-Bukhari, n° 1180). Les deux unités d’avant le fajr « valent mieux que ce bas monde et tout ce qu’il contient » (rapporté par Muslim, n° 725).
- Le witr, prière impaire de la nuit (d’une à onze unités), qui clôt les prières de la nuit (rapporté par al-Bukhari, n° 998). Il est obligatoire (wajib) selon les hanafites et fortement recommandé selon les autres écoles.
- La prière de la nuit (qiyam al-layl ou tahajjoud), et pendant le mois de Ramadan les prières de tarawih.
- La prière du matin (doha), entre le lever du soleil et le zénith.
- Deux unités de salutation de la mosquée en y entrant, avant de s’asseoir (rapporté par al-Bukhari, n° 444).
- La prière de consultation (istikhara), deux unités suivies d’une invocation pour demander à Allah de guider un choix (rapporté par al-Bukhari, n° 1166).
- Les prières occasionnelles : les prières des deux Aïds, la prière pour demander la pluie (istisqa), la prière de l’éclipse et la prière funéraire.
La prière du voyageur
« Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière » (Coran, 4:101). Aïcha rapporte que la prière fut d’abord prescrite en deux unités, puis que la prière du voyage resta ainsi tandis que celle du résident fut complétée (rapporté par al-Bukhari, n° 1090). En pratique :
- le voyageur raccourcit à deux unités les prières de quatre (dhohr, asr, icha) ; le fajr et le maghrib ne changent pas. Ce raccourcissement est obligatoire selon les hanafites et recommandé selon les autres écoles ;
- la distance retenue par la majorité des savants est d’environ 80 km. Celui qui compte séjourner sur place plus de quatre jours prie normalement selon les malikites, les chafiites et les hanbalites ; à partir de quinze jours selon les hanafites ;
- il peut réunir le dhohr et le asr, ainsi que le maghrib et le icha, à l’heure de la première ou de la seconde (rapporté par al-Bukhari, n° 1107 et 1111) ; les hanafites ne l’admettent qu’à Arafat et à Muzdalifa, pendant le pèlerinage ;
- le voyageur qui prie derrière un imam résident prie comme lui, en quatre unités ;
- en voyage, le Prophète ﷺ ne priait pas les sunnas régulières (rapporté par al-Bukhari, n° 1101), mais il ne délaissait jamais les deux unités d’avant le fajr (rapporté par al-Bukhari, n° 1159) ni, selon les savants, le witr.
La prière du malade
La prière n’est jamais supprimée tant que l’on est conscient, mais elle s’adapte aux capacités de chacun, car « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (Coran, 2:286). Le Prophète ﷺ a dit à un compagnon malade : « Prie debout ; si tu ne le peux pas, assis ; et si tu ne le peux pas, couché sur le côté » (rapporté par al-Bukhari, n° 1117). Celui qui ne peut ni s’incliner ni se prosterner fait ces gestes en baissant la tête, un peu plus bas pour la prosternation ; on peut prier sur une chaise. Si l’eau lui est nocive, le malade fait les ablutions sèches, et plusieurs écoles lui permettent de réunir deux prières en cas de grande difficulté. Que le malade et le voyageur se consolent : « Lorsque le serviteur tombe malade ou voyage, il lui est inscrit l’équivalent de ce qu’il accomplissait en bonne santé et chez lui » (rapporté par al-Bukhari, n° 2996). Pour les situations particulières, demandez conseil à un savant qualifié et, pour les questions de santé, à votre médecin.
Pour aller plus loin
Le Coran associe souvent la prière à l’aumône : « Et accomplissez la prière, et acquittez la zakat, et inclinez-vous avec ceux qui s’inclinent » (Coran, 2:43). Découvrez aussi nos articles sur la zakat et sur le pèlerinage à La Mecque, et écoutez la récitation du Coran par les plus grands récitateurs pour apprendre les sourates que vous réciterez dans vos prières.