Islam
Le Jour du Jugement dernier en islam : des signes de l’Heure au Paradis
La vie d’ici-bas est éphémère. Pour les musulmans, elle sera suivie d’un Jour où tous les êtres humains, du plus puissant au plus démuni, seront ressuscités et rendront compte de leurs actes devant Dieu. Croire en ce Jour dernier est l’un des piliers de la foi. Cette page en présente les grandes étapes telles que les enseigne la croyance sunnite majoritaire : les signes de l’Heure, la résurrection, le rassemblement, l’intercession, le jugement, la balance, le pont et enfin le Paradis et l’Enfer. Le Coran en donne les grandes lignes ; beaucoup de détails proviennent des hadiths authentiques, et nous indiquons à chaque fois la source.
Un pilier de la foi
Lorsque l’ange Gabriel interrogea le Prophète Mohammed ﷺ sur la foi, celui-ci répondit : « C’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, et que tu croies au destin, dans son bien comme dans son mal » (rapporté par Muslim, n° 8). Le Coran donne à ce Jour de nombreux noms : le Jour de la Résurrection (Yawm al-Qiyâma), le Jour de la Rétribution (Yawm ad-Dîn, Coran, 1:4), l’Heure (as-Sâ‘a), le Fracas (al-Qâri‘a), l’Inéluctable (al-Hâqqa)… Plusieurs sourates portent d’ailleurs ces noms.
Sa date n’est connue que de Dieu : « Ils t’interrogent sur l’Heure : “Quand arrivera-t-elle ?” Dis : “Seul mon Seigneur en a connaissance. Lui seul la manifestera en son temps […] et elle ne viendra à vous que soudainement” » (Coran, 7:187). Interrogé par Gabriel à ce sujet, le Prophète ﷺ répondit : « Celui qui est interrogé n’en sait pas plus que celui qui interroge » (al-Bukhari, n° 50). Il a toutefois précisé qu’elle était proche : « J’ai été envoyé, moi et l’Heure, comme ces deux-là », en joignant l’index et le majeur (al-Bukhari, n° 6504). Toute prédiction de date est donc à rejeter.
Avant le Jour dernier : la tombe et le barzakh
« Toute âme goûtera la mort » (Coran, 3:185). Entre la mort et la résurrection s’étend une période que le Coran appelle le barzakh, la « barrière » : « Derrière eux, cependant, il y a une barrière, jusqu’au jour où ils seront ressuscités » (Coran, 23:100). Selon les hadiths authentiques, le défunt y est interrogé par deux anges sur sa foi et sur le Prophète ﷺ : le croyant répond avec assurance, tandis que l’hypocrite ou le mécréant ne sait que dire (al-Bukhari, n° 1374). Le Prophète ﷺ a rattaché à cette épreuve le verset : « Allah affermit les croyants par une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà » (Coran, 14:27 ; al-Bukhari, n° 1369).
Les signes de l’Heure
Les signes mineurs
Les hadiths annoncent de nombreux signes précurseurs, dont certains sont considérés comme déjà apparus. Le Coran mentionne la fente de la lune : « L’Heure approche et la lune s’est fendue » (Coran, 54:1). Dans le hadith de Gabriel, le Prophète ﷺ cite parmi les signes le moment où « la servante enfantera son maître » et où les bergers de chameaux « rivaliseront dans la hauteur des constructions » (al-Bukhari, n° 50). Il dit aussi : « L’Heure ne viendra pas avant que la science (religieuse) soit retirée, que les tremblements de terre se multiplient, que le temps se rétrécisse, que les troubles apparaissent et que le meurtre se répande, et que les richesses abondent au point de déborder » (al-Bukhari, n° 1036), ou encore « avant qu’un homme, passant près d’une tombe, ne dise : “Si seulement j’étais à sa place !” » (al-Bukhari, n° 7115).
Ces signes sont des avertissements destinés à éveiller les consciences. Les savants mettent en garde contre la tentation de les appliquer de façon hâtive à l’actualité pour en déduire une date.
Les dix grands signes
Le Compagnon Hudhayfa ibn Asid rapporte que le Prophète ﷺ dit : « Elle ne viendra pas avant que vous ayez vu dix signes », et il cita (Muslim, n° 2901) :
- la fumée (ad-dukhân) ;
- l’Antéchrist (ad-Dajjâl) ;
- la Bête (ad-dâbba) ;
- le lever du soleil à l’ouest ;
- la descente de Jésus (Issa), fils de Marie ;
- Gog et Magog (Ya’jûj wa Ma’jûj) ;
- un effondrement de terrain (khasf) à l’est ;
- un effondrement à l’ouest ;
- un effondrement dans la péninsule Arabique ;
- et, en dernier, un feu sortant du Yémen qui poussera les gens vers le lieu de leur rassemblement.
Une partie seulement de ces signes est évoquée dans le Coran : la Bête qui sortira de terre et parlera aux hommes (Coran, 27:82), la libération de Gog et Magog (Coran, 21:96), Jésus présenté comme « un signe au sujet de l’Heure » (Coran, 43:61) et la venue de « certains signes de ton Seigneur » après lesquels la foi nouvelle ne sera plus acceptée (Coran, 6:158), que le Prophète ﷺ a expliqués par le lever du soleil à l’ouest (al-Bukhari, n° 4635). Le verset de la fumée (Coran, 44:10-11) est compris par une partie des exégètes comme ce grand signe, tandis qu’Ibn Mas‘ud l’appliquait à la famine qui frappa La Mecque du vivant du Prophète ﷺ (al-Bukhari, n° 4821). L’Antéchrist, lui, n’est connu que par les hadiths : « Il n’est pas un prophète qui n’ait mis sa communauté en garde contre le borgne menteur. Il est borgne, alors que votre Seigneur ne l’est pas » (al-Bukhari, n° 7131). Quant à Jésus, le Prophète ﷺ a annoncé qu’il redescendra parmi les hommes « en juge équitable » (al-Bukhari, n° 3448 ; Muslim, n° 155).
La fin du monde et la résurrection
Lorsque Dieu l’ordonnera, l’univers sera bouleversé : « Quand le ciel se rompra, et que les étoiles se disperseront, et que les mers confondront leurs eaux, et que les tombeaux seront bouleversés, toute âme saura alors ce qu’elle a accompli et ce qu’elle a remis de faire à plus tard » (Coran, 82:1-5). Tout disparaîtra, sauf Dieu : « Tout ce qui est sur elle [la terre] doit disparaître, [seule] subsistera la Face de ton Seigneur, plein de majesté et de noblesse » (Coran, 55:26-27).
Le Coran décrit deux souffles dans la Trompe (as-sûr), confiée à un ange que la tradition nomme Israfil : « Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]. Puis on y soufflera de nouveau, et les voilà debout à regarder » (Coran, 39:68). Le Prophète ﷺ a précisé : « Entre les deux souffles, il y a quarante. » Comme on demandait à Abou Hurayra s’il s’agissait de quarante jours, mois ou années, il refusa de se prononcer. Le hadith poursuit : Dieu fera alors descendre du ciel une eau, et les corps repousseront comme pousse la végétation ; tout le corps humain se décompose, sauf un os, l’extrémité du coccyx (‘ajb adh-dhanab), à partir duquel la créature sera recomposée (al-Bukhari, n° 4935 ; Muslim, n° 2955).
Les arguments du Coran en faveur de la résurrection
Aux sceptiques qui jugeaient impossible le retour à la vie, le Coran répond par des arguments que chacun peut méditer :
- Recommencer est plus facile que commencer : « Qui va redonner la vie à des ossements une fois réduits en poussière ? Dis : “Celui qui les a créés une première fois leur redonnera la vie” » (Coran, 36:78-79) ; « c’est Lui qui commence la création puis la refait ; et cela Lui est plus facile » (Coran, 30:27).
- Rien n’échappe à Sa puissance : « L’homme pense-t-il que Nous ne réunirons jamais ses os ? Mais si ! Nous sommes capable de remettre à leur place les extrémités de ses doigts » (Coran, 75:3-4).
- La terre morte revit chaque année : « Celui qui lui redonne la vie est certes Celui qui fera revivre les morts » (Coran, 41:39).
- La justice et la sagesse divines l’exigent : ici-bas, bien des injustices restent impunies et bien des bienfaits sans récompense. « Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? » (Coran, 23:115) ; « Traiterons-Nous ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres comme ceux qui commettent du désordre sur terre ? » (Coran, 38:28).
Le rassemblement
Ressuscitée, l’humanité entière sera rassemblée devant Dieu. Le Prophète ﷺ a dit : « Vous serez rassemblés pieds nus, nus et incirconcis », puis il récita : « Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons » (Coran, 21:104), et ajouta que le premier à être vêtu ce Jour-là sera Abraham (Ibrahim) (al-Bukhari, n° 3349). Comme ‘Aïcha s’inquiétait que les hommes et les femmes se regardent, il répondit : « L’affaire sera trop grave pour qu’ils s’en soucient » (al-Bukhari, n° 6527). Chacun ne pensera qu’à son propre sort : « Le jour où l’homme s’enfuira de son frère, de sa mère, de son père, de sa compagne et de ses enfants, car chacun d’eux, ce jour-là, aura son propre cas pour l’occuper » (Coran, 80:34-37).
Le soleil sera rapproché des créatures et chacun sera plongé dans la sueur à la mesure de ses actes, certains jusqu’aux chevilles, d’autres jusqu’à la bouche (Muslim, n° 2864). Mais sept catégories de personnes seront à l’ombre de Dieu, « le Jour où il n’y aura d’autre ombre que la Sienne » : le gouvernant juste, le jeune qui a grandi dans l’adoration de son Seigneur, l’homme dont le cœur est attaché aux mosquées, deux personnes qui s’aiment pour Dieu, l’homme qui refuse les avances d’une femme influente et belle par crainte de Dieu, celui qui donne l’aumône si discrètement que sa main gauche ignore ce que donne sa main droite, et celui qui se souvient de Dieu dans la solitude, les yeux pleins de larmes (al-Bukhari, n° 660).
La grande intercession
Accablés par l’attente, les hommes iront demander à Adam d’intercéder pour eux auprès de Dieu, puis à Noé (Nouh), à Abraham, à Moïse (Moussa) et à Jésus ; chacun se récusera, jusqu’à ce qu’ils viennent au Prophète Mohammed ﷺ, qui se prosternera devant son Seigneur et sera autorisé à intercéder (al-Bukhari, n° 4712 ; Muslim, n° 194). C’est la « grande intercession », par laquelle, selon les savants, les créatures sont délivrées de l’attente et le jugement commence. Il a dit : « Chaque prophète a une invocation exaucée ; je veux garder la mienne pour intercéder en faveur de ma communauté dans l’au-delà » (al-Bukhari, n° 6304), et : « Je serai le maître des enfants d’Adam le Jour de la Résurrection, le premier dont la tombe s’ouvrira, le premier à intercéder et le premier dont l’intercession sera acceptée » (Muslim, n° 2278).
Toute intercession dépend de la permission de Dieu : « Ce jour-là, l’intercession ne profitera qu’à celui auquel le Tout Miséricordieux aura donné Sa permission et dont Il agréera la parole » (Coran, 20:109). Selon les hadiths, le Prophète ﷺ intercédera aussi pour les croyants de sa communauté qui ont commis de grands péchés (Abou Dawud, n° 4739 ; hadith authentique), et les croyants eux-mêmes intercéderont pour leurs frères (al-Bukhari, n° 7439).
Le jugement : le livre des actes et les témoins
Chacun recevra le registre de ses actes : « Et au Jour de la Résurrection, Nous lui sortirons un écrit qu’il trouvera déroulé : “Lis ton écrit ! Aujourd’hui, tu te suffis d’être ton propre comptable” » (Coran, 17:13-14). Rien n’y manquera : « Malheur à nous ! Qu’a donc ce livre à n’omettre de mentionner ni péché véniel ni péché capital ? » (Coran, 18:49). Celui qui le recevra de la main droite « sera soumis à un jugement facile et retournera réjoui auprès de sa famille », tandis que celui qui le recevra derrière son dos « invoquera la destruction sur lui-même » (Coran, 84:7-12 ; voir aussi 69:19-29). Les membres eux-mêmes témoigneront : « Ce jour-là, Nous scellerons leurs bouches, tandis que leurs mains Nous parleront et que leurs jambes témoigneront de ce qu’ils avaient accompli » (Coran, 36:65).
Le Prophète ﷺ a précisé que la première chose sur laquelle le serviteur sera jugé est la prière (Abou Dawud, n° 864 ; hadith authentique), et que les premières affaires tranchées entre les hommes seront celles du sang versé (al-Bukhari, n° 6533). Il a aussi dit : « Les pieds du serviteur ne bougeront pas, le Jour de la Résurrection, avant qu’il soit interrogé sur sa vie et ce qu’il en a fait, sur son savoir et ce qu’il en a fait, sur ses biens, d’où il les a acquis et comment il les a dépensés, et sur son corps et à quoi il l’a usé » (al-Tirmidhi, n° 2417, qui le juge authentique). Les droits d’autrui seront scrupuleusement réglés : le véritable « failli » est celui qui viendra avec prières, jeûnes et aumônes, mais qui aura insulté, calomnié, spolié ou frappé les autres ; ses bonnes actions seront données à ses victimes (Muslim, n° 2581).
Ce jugement est d’une justice parfaite, et la générosité de Dieu y est immense : « Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d’un atome. S’il est une bonne action, Il la double, et accorde une immense récompense de Sa part » (Coran, 4:40). Le Prophète ﷺ a toutefois averti : « Celui dont on discute le compte sera châtié » ; quant au « jugement facile » du verset, il s’agit de la simple présentation des actes, sans discussion (al-Bukhari, n° 6536).
La balance
Les actes seront pesés : « Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d’un grain de moutarde que Nous ferons venir » (Coran, 21:47). « Quant à celui dont la balance sera lourde, il sera dans une vie agréable ; et quant à celui dont la balance sera légère, sa mère [destination] est un abîme très profond » (Coran, 101:6-9). Le Prophète ﷺ a indiqué ce qui pèse lourd : « Deux paroles légères sur la langue, lourdes dans la balance et aimées du Tout Miséricordieux : Subhân Allâh al-‘Azîm, Subhân Allâh wa bi-hamdih » (al-Bukhari, n° 6406), et : « Rien ne pèse plus lourd dans la balance que le bon caractère » (Abou Dawud, n° 4799 ; hadith authentique).
Le Bassin du Prophète
Selon les hadiths authentiques, le Prophète ﷺ disposera d’un bassin (al-hawd) où sa communauté viendra boire : « Mon bassin s’étend sur un mois de marche ; son eau est plus blanche que le lait, son parfum plus agréable que le musc, ses coupes sont aussi nombreuses que les étoiles du ciel ; celui qui en boit n’aura plus jamais soif » (al-Bukhari, n° 6579). Il a aussi averti que certains en seraient écartés, et qu’il lui serait dit : « Tu ne sais pas ce qu’ils ont introduit après toi » (al-Bukhari, n° 4625) ; les savants l’ont compris de ceux qui ont renié la religion ou l’ont altérée après sa mort.
Le pont (as-sirat)
Un pont sera dressé au-dessus de l’Enfer, et tous devront le franchir. Beaucoup d’exégètes rattachent à cette traversée le verset : « Et il n’y a personne parmi vous qui ne passera pas par [l’Enfer] […]. Ensuite, Nous délivrerons ceux qui étaient pieux et Nous y laisserons les injustes agenouillés » (Coran, 19:71-72). Les détails viennent des hadiths : le Prophète ﷺ l’a décrit comme glissant, garni de crochets ; les croyants le passeront selon leurs œuvres, certains en un clin d’œil, d’autres comme l’éclair, le vent ou des chevaux rapides ; certains passeront sains et saufs, d’autres égratignés, d’autres tomberont dans le Feu (al-Bukhari, n° 7439). Le Compagnon Abou Sa‘id al-Khudri ajoute qu’il lui est parvenu que ce pont est « plus fin qu’un cheveu et plus tranchant qu’un sabre » (Muslim, n° 183). Le Coran décrit la lumière qui précédera alors les croyants : « Le jour où tu verras les croyants et les croyantes, leur lumière courant devant eux et à leur droite » (Coran, 57:12).
Le Paradis et l’Enfer
Le Paradis (al-janna) dépasse tout ce que l’on peut imaginer : « Aucun être ne sait ce qu’on a réservé pour eux comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils œuvraient ! » (Coran, 32:17). Dieu dit dans un hadith qudsi : « J’ai préparé pour Mes serviteurs vertueux ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qui n’est jamais venu à l’esprit d’un être humain » (al-Bukhari, n° 3244). Il compte cent degrés, et le plus élevé est al-Firdaws : « Lorsque vous demandez à Allah, demandez-Lui al-Firdaws, car c’est le meilleur et le plus haut du Paradis » (al-Bukhari, n° 2790). Le plus grand bonheur de ses habitants sera de voir leur Seigneur : rien de ce qu’ils auront reçu ne leur sera plus cher (Muslim, n° 181 ; voir Coran, 10:26 et 75:22-23).
L’Enfer (jahannam) est le lieu du châtiment : « Votre feu n’est qu’une partie sur soixante-dix du feu de l’Enfer » (al-Bukhari, n° 3265). Le Coran annonce que ceux qui ont rejeté la foi y demeureront éternellement (Coran, 98:6), alors que la récompense des croyants qui accomplissent les bonnes œuvres sera les Jardins éternels, « Allah les agrée et ils L’agréent » (Coran, 98:7-8). Selon la croyance sunnite, un croyant que ses péchés auraient conduit en Enfer n’y restera pas pour toujours : « Sortira du Feu quiconque a dit “Il n’y a de divinité qu’Allah” et a dans le cœur le poids d’un grain d’orge de bien », puis d’un grain de blé, puis d’un atome (al-Bukhari, n° 44). Une fois chacun parvenu à sa demeure, la mort elle-même sera égorgée, et il sera dit : « Ô gens du Paradis, éternité sans mort ! Ô gens de l’Enfer, éternité sans mort ! » (al-Bukhari, n° 4730).
Seul Dieu juge : les savants sunnites rappellent qu’on ne peut affirmer de personne en particulier qu’il ira au Paradis ou en Enfer, sauf ceux que les textes ont nommés. Le croyant vit entre l’espérance en la miséricorde de Dieu et la crainte de Son châtiment.
Se préparer au Jour dernier
Un homme demanda un jour au Prophète ﷺ : « Quand viendra l’Heure ? » Il lui répondit : « Qu’as-tu préparé pour elle ? » L’homme dit : « Rien, si ce n’est que j’aime Allah et Son Messager. » Le Prophète ﷺ lui dit : « Tu seras avec ceux que tu aimes » (al-Bukhari, n° 3688). La bonne question n’est donc pas « quand ? », mais « avec quoi ? » : la foi, la prière, le bon caractère, le respect des droits d’autrui et le repentir sincère, car la porte de la miséricorde de Dieu reste ouverte jusqu’au dernier souffle.
Le Prophète ﷺ a dit : « Que celui qui aimerait voir le Jour de la Résurrection comme s’il le voyait de ses yeux lise : “Quand le soleil sera obscurci”, “Quand le ciel se rompra” et “Quand le ciel se déchirera” » (al-Tirmidhi, n° 3333, hadith jugé bon). Pour méditer ce Jour, lisez ou écoutez notamment ces sourates :
- at-Takwir (81), al-Infitar (82) et al-Inshiqaq (84), citées dans ce hadith ;
- al-Qiyama (75), « la Résurrection », et an-Naba’ (78), « la Nouvelle » ;
- al-Qari‘a (101) et az-Zalzala (99), qui rappelle que « quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le verra » (Coran, 99:7-8).