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Tout sur l’islam, la religion musulmane

L’islam est la religion d’environ deux milliards de femmes et d’hommes à travers le monde. Il repose sur une idée simple et exigeante : il n’y a qu’un seul Dieu, Allah, qui seul mérite d’être adoré, et Mohammed ﷺ est Son messager. Cette page réunit l’essentiel pour comprendre l’islam — le sens du mot, ce que croient les musulmans, les actes de culte, les sources de la religion, son histoire et ses lieux saints — et vous oriente vers les articles détaillés de la rubrique.

Que signifie le mot « islam » ?

En arabe, islâm signifie la soumission, la remise de soi à Dieu, librement consentie. Le mot vient de la racine s-l-m, qui exprime aussi l’intégrité, la sécurité et la paix (salâm). Le musulman (muslim) est donc « celui qui se remet à Dieu ». Le Coran présente cette soumission comme la religion agréée par Dieu :

« Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’islam. » (Coran, 3:19)

Pour les musulmans, l’islam n’est pas une religion apparue au VIIe siècle : c’est le message même qu’ont transmis tous les prophètes, de Noé (Nouh) à Abraham (Ibrahim), Moïse (Moussa) et Jésus (Issa). Mohammed ﷺ en est le dernier messager, « le sceau des prophètes » (Coran, 33:40). C’est pourquoi l’islam est souvent rangé, avec le judaïsme et le christianisme, parmi les religions dites abrahamiques, avec lesquelles il partage de nombreuses figures. Nous revenons sur ces points, et sur quelques idées reçues, dans l’article La vérité sur l’islam.

L’islam n’est pas seulement une croyance : il englobe le culte, la morale et des règles qui touchent à la vie personnelle, familiale et sociale. Le mot charia, souvent mal compris, désigne d’abord cette « voie » tracée par Dieu, dans tous ces domaines.

Les musulmans dans le monde

Selon le Pew Research Center (rapport publié en 2025), on comptait environ 2 milliards de musulmans en 2020, soit 25,6 % de la population mondiale. L’islam est la deuxième religion du monde après le christianisme (2,3 milliards de fidèles) et celle qui a le plus progressé entre 2010 et 2020 (+347 millions). D’après le même rapport, cette croissance s’explique surtout par la jeunesse des populations musulmanes et leur natalité ; les conversions, dans un sens comme dans l’autre, n’ont qu’un effet limité à l’échelle mondiale.

Contrairement à une idée répandue, la majorité des musulmans ne sont pas arabes : près de six sur dix vivent en Asie. L’Indonésie est le pays qui compte le plus de musulmans (environ 239 millions en 2020), devant le Pakistan, l’Inde et le Bangladesh. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord en réunissent environ un cinquième, l’Afrique subsaharienne un peu moins, et l’Europe environ 45 millions.

La grande majorité des musulmans sont sunnites ; les chiites représentent environ 10 à 13 % du total, selon une estimation du Pew Research Center (2009). Ils sont majoritaires en Iran, en Irak, en Azerbaïdjan et à Bahreïn, et forment d’importantes communautés au Pakistan, en Inde, au Liban ou au Yémen.

Les six piliers de la foi

Un jour, l’ange Gabriel (Jibril) vint, sous l’apparence d’un homme, interroger le Prophète ﷺ devant ses compagnons. À la question « Qu’est-ce que la foi (îmân) ? », il répondit : « C’est que tu croies en Allah, en Ses anges, en Ses Livres, en Ses messagers et au Jour dernier, et que tu croies au décret divin, dans le bien comme dans le mal » (rapporté par Muslim, n° 8). Ce hadith, dit « de Gabriel », résume les six articles de la foi musulmane :

  1. La foi en Dieu : Allah est unique, sans associé ni égal, Créateur de toute chose. Le Coran Le décrit par de nombreux noms et attributs. Voir notre article sur Dieu (Allah) en islam et la liste des 99 noms d’Allah.
  2. La foi aux anges : créatures de lumière qui obéissent à Dieu ; Gabriel a transmis la révélation aux prophètes.
  3. La foi aux Livres révélés : la Torah (Tawrât) donnée à Moïse, les Psaumes (Zabour) à David, l’Évangile (Injîl) à Jésus, et le Coran, révélé à Mohammed ﷺ.
  4. La foi aux prophètes et messagers : Dieu a envoyé des messagers à tous les peuples ; vingt-cinq sont nommés dans le Coran. Découvrez la vie du Prophète Mohammed ﷺ.
  5. La foi au Jour dernier : la résurrection, le jugement, le Paradis et l’Enfer. Voir le Jour du Jugement dernier.
  6. La foi au décret divin (al-qadar) : rien n’arrive dans l’univers sans que Dieu le sache et le permette, ce qui n’ôte rien à la responsabilité de l’être humain.

Les cinq piliers de l’islam

Le Prophète ﷺ a dit : « L’islam est bâti sur cinq piliers : attester qu’il n’y a de divinité qu’Allah et que Mohammed est le Messager d’Allah, accomplir la prière, verser la zakat, faire le pèlerinage et jeûner le mois de Ramadan » (rapporté par al-Bukhari, n° 8, et Muslim, n° 16). Ce sont les actes de culte fondamentaux du musulman :

PilierEn quoi il consiste
La chahadaL’attestation de foi : « Il n’y a de divinité qu’Allah, et Mohammed est le Messager d’Allah ».
La prière (salat)Cinq prières quotidiennes, accomplies aux heures prescrites en direction de la Kaaba.
La zakatL’aumône obligatoire prélevée chaque année sur certains biens, au profit des pauvres et des autres ayants droit.
Le jeûne du RamadanS’abstenir de manger, de boire et de relations conjugales de l’aube au coucher du soleil, pendant le neuvième mois du calendrier hégirien.
Le pèlerinage (hajj)Se rendre à La Mecque au mois de Dhou al-Hijja, au moins une fois dans sa vie, pour qui en a les moyens (Coran, 3:97).

Ces piliers sont précisément ce qui est enseigné en premier à la personne qui embrasse l’islam : si vous vous posez la question, lisez notre guide Comment se convertir à l’islam.

L’ihsan : la pratique du cœur

Dans le même hadith, Gabriel interrogea aussi le Prophète ﷺ sur l’excellence (ihsân) : « C’est que tu adores Allah comme si tu Le voyais ; car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. » La religion comporte ainsi trois degrés : les actes extérieurs (l’islam), les convictions (la foi) et l’excellence intérieure (l’ihsan).

Les savants distinguent en conséquence la pratique du corps — gestes, conditions et règles de la prière, de l’ablution ou du jeûne, que le fiqh (le droit musulman) décrit avec précision — et la pratique du cœur : sincérité, humilité et recueillement (khouchou’), amour et crainte révérencielle de Dieu. L’une ne va pas sans l’autre. « Les actes ne valent que par les intentions », a dit le Prophète ﷺ (rapporté par al-Bukhari, n° 1, et Muslim, n° 1907). Il a aussi rappelé qu’« il y a dans le corps un morceau de chair : s’il est sain, tout le corps est sain, et s’il est corrompu, tout le corps est corrompu ; c’est le cœur » (rapporté par al-Bukhari, n° 52, et Muslim, n° 1599). Les gestes de la prière s’apprennent en quelques semaines ; la qualité du cœur, elle, peut progresser toute une vie.

Ces deux dimensions demandent d’apprendre : on ne peut accomplir correctement l’ablution ou la prière sans en connaître les règles. L’imam al-Bukhari a d’ailleurs intitulé un chapitre de son recueil « La science avant la parole et l’action », et le Prophète ﷺ a dit : « Celui à qui Allah veut du bien, Il lui donne la compréhension de la religion » (rapporté par al-Bukhari, n° 71, et Muslim, n° 1037). Les livres ne suffisent pas toujours : il est précieux d’apprendre auprès d’un enseignant qualifié et reconnu, qui vous guidera pas à pas.

Les sources de l’islam : le Coran et la Sunna

Le Coran

Pour les musulmans, le Coran est la Parole de Dieu, transmise au Prophète Mohammed ﷺ par l’ange Gabriel. La révélation a commencé une nuit du mois de Ramadan, vers l’an 610, puis s’est poursuivie par étapes pendant environ vingt-trois ans, jusqu’à la mort du Prophète ﷺ en 632. Le texte compte 114 sourates et 6 236 versets selon le décompte le plus répandu. Le Coran se décrit lui-même comme un guide :

« Certes, ce Coran guide vers ce qu’il y a de plus droit, et il annonce aux croyants qui font de bonnes œuvres qu’ils auront une grande récompense. » (Coran, 17:9)

Il affirme aussi que « le faux ne l’atteint [d’aucune part], ni par devant ni par derrière » (Coran, 41:42). Apprendre le Coran et le transmettre est l’une des meilleures œuvres : « Le meilleur d’entre vous est celui qui apprend le Coran et l’enseigne » (rapporté par al-Bukhari, n° 5027). Dans un autre hadith, jugé bon (hasan) par plusieurs spécialistes, le Prophète ﷺ appelle les gens du Coran « les gens d’Allah et Ses proches » (rapporté par Ibn Majah, n° 215). Pour aller plus loin, lisez comment lire et réciter le Coran, ou écoutez le Coran récité par plus de soixante récitateurs sur notre site.

La Sunna

La Sunna regroupe les paroles, les actes et les approbations du Prophète ﷺ. Elle explique et complète le Coran : c’est par elle, par exemple, que l’on connaît le nombre de prières et la manière de les accomplir. Elle nous est parvenue à travers les hadiths, rassemblés et examinés par les savants dans de grands recueils comme ceux d’al-Bukhari et de Muslim. Retrouvez une sélection de paroles authentiques du Prophète ﷺ.

À partir de ces deux sources, les juristes ont élaboré le droit musulman en s’appuyant aussi sur le consensus des savants (ijmâ’) et le raisonnement par analogie (qiyâs). Chez les sunnites, quatre écoles juridiques sont reconnues : hanafite, malikite, chafiite et hanbalite. Elles s’accordent sur l’essentiel et divergent sur certains détails, ce qui est considéré comme une souplesse légitime.

Une brève histoire de l’islam

L’islam est né au VIIe siècle dans le Hedjaz, la région ouest de la péninsule Arabique, où se trouvent La Mecque et Médine. Vers 610, Mohammed ﷺ reçoit la première révélation dans la grotte de Hira, près de La Mecque. Persécutés, lui et ses compagnons émigrent en 622 vers Médine : c’est l’Hégire, point de départ du calendrier hégirien. En 630, le Prophète ﷺ revient à La Mecque, qui se rallie à l’islam. À sa mort, en 632, la plus grande partie de l’Arabie a embrassé la nouvelle foi.

Ses quatre premiers successeurs, les califes Abou Bakr, Omar, Othman et Ali (632-661), dits « bien guidés » par les sunnites, unifient l’Arabie et étendent le territoire musulman à la Syrie et à l’Égypte, provinces arrachées à l’Empire byzantin, ainsi qu’à l’Irak et à la Perse, conquis sur l’Empire sassanide. La question de la succession du Prophète ﷺ divise alors la communauté : pour les partisans d’Ali (chî’at ‘Alî, d’où le mot « chiite »), la direction devait revenir à la famille du Prophète. La guerre civile de 656-661, puis la mort de son petit-fils al-Hussein à Kerbala en 680, creusent peu à peu la séparation entre sunnites et chiites.

La dynastie omeyyade (661-750), installée à Damas, étend l’empire jusqu’à l’Espagne (à partir de 711) et à l’Asie centrale, et jusqu’à la vallée de l’Indus. Sous le calife Abd al-Malik (685-705), l’arabe devient la langue de l’administration et les premières monnaies proprement islamiques sont frappées. En 750, les Abbassides prennent le pouvoir et fondent Bagdad en 762, qui devient un grand foyer des sciences et des lettres. L’unité politique se fragmente ensuite, mais l’islam continue de se diffuser, souvent par le commerce et l’enseignement des savants, en Afrique de l’Ouest et de l’Est, en Inde ou en Asie du Sud-Est.

Les lieux saints de l’islam

La Mecque et la Kaaba

La Mecque, dans l’actuelle Arabie saoudite, abrite la Mosquée sacrée (al-Masjid al-Harâm) et, en son centre, la Kaaba, vers laquelle tous les musulmans se tournent pour prier. Le Coran la présente comme « la première Maison qui a été édifiée pour les gens » (Coran, 3:96) et rapporte qu’Abraham et son fils Ismaël en ont élevé les assises (Coran, 2:127). Avant l’islam, la Kaaba était entourée d’idoles — trois cent soixante selon un hadith (rapporté par al-Bukhari, n° 4287) —, parmi lesquelles Houbal, la principale divinité des Quraych. Le Prophète ﷺ les fit détruire lors de son retour à La Mecque en 630, rendant le sanctuaire au culte du Dieu unique. C’est là que se déroule le pèlerinage annuel : environ 1,7 million de pèlerins ont accompli le hajj en 1447 (2026), selon l’Autorité générale saoudienne des statistiques.

Médine

Médine est la ville où le Prophète ﷺ a émigré en 622, où il a fondé la première communauté musulmane et où il est enterré, dans la chambre de son épouse Aïcha, aujourd’hui englobée dans sa mosquée (al-Masjid an-Nabawî). C’est la deuxième ville sainte de l’islam.

Jérusalem

Jérusalem (al-Quds) abrite la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Après l’Hégire, les musulmans ont prié tournés vers Jérusalem pendant seize ou dix-sept mois, avant que la qibla ne soit fixée vers la Kaaba (rapporté par al-Bukhari, n° 40). C’est aussi vers « la Mosquée lointaine » que le Prophète ﷺ fut transporté lors du Voyage nocturne (Coran, 17:1).

Le Prophète ﷺ a dit : « On n’entreprend de voyage [pour y prier] que vers trois mosquées : la Mosquée sacrée, ma mosquée que voici et la mosquée al-Aqsa » (rapporté par al-Bukhari, n° 1189, et Muslim, n° 1397). Le pèlerinage obligatoire, lui, ne se fait qu’à La Mecque ; la visite de Médine et de Jérusalem est une œuvre méritoire, mais pas un rite du hajj.

Pour aller plus loin

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