La vie du Prophète Mohammed

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Tout d’abord, Mohammed est le fondateur de la religion musulmane, ainsi que chez religieux, militaire, et politique arabe. Selon les musulmans, il illustre le dernier des messagers de Dieu Allah, de la religion monothéiste en générale.

Le Prophète occupe une place unique dans la conscience et la vie des musulmans. Il est celui qui a reçu et transmit le Saint Coran, le texte révélé qui rappelle la place éminente de l’Envoyé de Dieu Allah, tout à la fois annonciateur, modèle et guide. Mohammed n’est cependant pas un médiateur : il ne fut qu’un homme, qui a agi et transformé le monde à la lumière des révélations et des inspirations qui lui sont parvenues de l’Unique, Son Educateur. Cette humanité assumée, élue et inspirée fait de lui un modèle pour les fidèles d’aujourd’hui, d’hier et de demain.

Le parcours du Messager renvoie aux questions premières et éternelles : sa vie est une invite à l’humilité, à la fraternité, au respect, à la justice et à la paix. Mais aussi, et surtout, à l’amour. C’est pourquoi le souffle de la Révélation porte un enseignement utile à tous les hommes, qu’ils soient ou non musulmans. Le Messager avait appris à ses compagnons à aimer Dieu, et le Coran, leur avait enseigné en retour : « Si vous Dieu, suivez-moi ; Dieu alors vous aimera. ». Ils essayaient de suivre son exemple, portés par un amour lui-même vivifié par l’intensité de leur amour en Dieu. Cet amour était tel que « Umar Ibn El Khattâb », apprenant la mort du Prophète, menaça de tuer celui qui oserait affirmer qu’il était mort : il était monté au ciel et allait sans doute revenir. Puis il décida de réciter le verset suivant :

Mohammed n’est qu’un Messager. Avant lui, d’autres Messagers ont passé. S’il mourrait donc, ou s’il venait à être tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Dieu, et Dieu récompensera les reconnaissants ».

Récit de sa rencontre avec le sacré, Dieu Allah :

Le monothéisme islamique s’est immédiatement inscrit dans le prolongement de l’histoire sacrée des prophéties. Depuis l’origine, l’Unique a envoyé à l’humanité des Prophètes et des Messagers chargés de porter le message, le rappel et Sa présence, de Ses Commandements, et Son amour et Son espérance. D’Adam, le premier des Prophètes, à Mohammed, le dernier des Messagers, la tradition musulmane reconnaît et se reconnaît dans l’ensemble du cycle de la prophétie comprenant les plus célèbres des Envoyés (Abraham, Noé, Moïse, Jésus, etc.), de mois connus, ainsi que d’autres qui nous sont même inconnus. L’Un n’a eu de cesse d’accompagner les Hommes, Sa Création, de son origine à son terme, et c’est le sens même du Tawbîd (Unicité de Dieu) et de la formule qu’à celui de chaque individu : « Certes nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons ».

Sur le plan strictement factuel, le Prophète Mohammed est un descendant des enfants d’Ismaël, et il fait ainsi partie de cette « Grande Nation » annoncée dans les textes sacrés. Abraham est donc son « père » au sens premier, et la tradition musulmane comprend que les prières de ce père couvrent de leur bénédiction son descendant, le dernier des Prophètes, ainsi que le lieu où il laissa Hagar et Ismaël. C’est là que, quelques années plus tard, il aura à vivre la terrible épreuve du sacrifice de son fils et où, enfin, il érigera avec lui la Maison de Dieu (El Ka’ba).

Tel est l’enseignement millénaire de la tradition islamique : il est un Dieu et une alignée de Prophète dont la figure centrale est Abraham, expression archétypale du « Musulman ». Père de sang de cette descendance d’Ismaël qui mène à notre prophète Mohammed, il sanctifiera ce lieu de l’ancienne vallée de Bacca, devenue la Mecque, en construisant avec Ismaël la maison de Dieu. C’est là, que naîtra le dernier des Envoyés pour l’humanité, Mohammed ibn Abdullah, portant le message du rappel de l’Unique, des Prophètes et des Prophètes et de la maison sacrée.

Une naissance :

L’Envoyé de Dieu est né un lundi, le 12 pendant la nuit du mois de Rabi’al-awwal, l’année de l’éléphant. Il existe d’autres recensions qui font état d’autres mois de l’année, mais il a existé, à travers l’Histoire et jusqu’à ce jour, un accord majoritaire entre les savants, et à l’intérieur des communautés musulmanes, quant à l’acceptation de cette date. Le calendrier musulman étant lunaire, il est difficile d’établir avec exactitude le mois solaire de sa naissance, mais « l’année de l’éléphant » à laquelle Ibn Ishâq fait référence correspond à l’an 570 du calendrier grégorien.

Le Prophète de l’islam est né dans une des familles nobles de la Mecque, les Banû Hâchim, grandement respecté par l’ensemble des tribus de La Mecque et de la région. Très vite cette filiation noble va se mêler à une histoire personnelle particulièrement douloureuse et fragilisante. Sa mère Aminah est enceinte de deux mois seulement quand son père Abdullah décède lors d’un voyage à Yathrib au nord de La Mecque : Orphelin de père dès sa naissance, le jeune Mohammed va vivre avec ce double statut que consacrent parmi les Mecquois la respectabilité de la filiation et précarité de l’enfant sans père. Tiraillée entre le chagrin d’avoir perdu son époux et la joie d’accueillir son enfant, Aminah répètera à plusieurs reprises que des signes étranges ont accompagné la gestation puis la naissance extraordinaire aisée de son enfant.

Elle eut tôt conscience d’être la mère veuve d’un enfant singulier. C’était le sentiment partagé du grand père de Mohammed, Abd Al Muttalib, qui allait le prendre en charge dès la naissance. A la Mecque, il était de coutume de confier son enfant à une nourrice des tribus bédouines nomadisant dans le désert avoisinant. Parce qu’il était orphelin de père, les nourrices refusaient une à une de se charger de lui, de peur que son statut ne leur apporte aucun bénéfice. Halima, qui était arrivée après toutes les autres nourrices en raison de sa monture fatiguée, décida avec son mari qu’il valait mieux accepter de s’occuper de l’enfant, même orphelin, plutôt que d’essuyer à leur retour les possibles moqueries de sa tribu. Ils s’en retournèrent donc avec le bébé Mohammed et Halima, comme Aminah rapporte que de nombreux signes lui ont fait penser, ainsi qu’à son époux, que cet enfant semblait béni.

Pendant une période de quatre ans, l’orphelin vivra avec Halima et les Bédouins de Banû Sa’d dans le désert d’Arabie Saoudite. Il partagera la vie des nomades, au cœur de la nature la plus dépouillée et la plus rude, subissant la sécheresse du climat et entouré à perte de vue des horizons qui rappellent la fragilité de l’humain, la contemplation et la solitude. Mohammed traversait, sans le savoir encore, les première étapes et les premières épreuves lui étant prédestinées par l’Unique qui l’avait choisi comme Messager et qui était pour l’heure Son Educateur, Son Rab ».

Jeunesse :

A l’âge de douze ans, Abu Talib décida de lancer sa chance dans le domaine du commerce caravanier avec la Syrie, suivi de son neveu. À La Mecque, se serait distingué catégoriquement des gens du même âge, et appris à prendre position et se confirmer parmi ses proches, et ceux qui l’entouraient. Il aurait été fort, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions.

Premiers pas de l'islam : Révélation et connaissance :

Seul dans la caverne de Hirâ, Mohammed poursuivait sa quête de vérité et de sens. C’est alors que l’ange Gabriel lui apparut soudain et lui ordonna : « Lis ! » Mohammed répondit « Je ne suis pas de ceux qui lisent ». L’ange Gabriel le serra très fort, jusqu’à la limite de ce qu’il pouvait supporter, et ordonna une seconde fois : « Lis ! » Et Mohammed de répéter : « Je ne suis pas de ceux qui lisent ! » L’ange le serra à nouveau au point de l’étouffer, puis répéta une troisième fois : « Lis ! » La même réponse dut réitérée : « Je ne suis pas de ceux qui lisent ». L’ange le serra une troisième fois puis récita :

Lis au nom de ton Seigneur qui a crée ! Il a crée l’Homme d’une adhérence. Lis, et (car) ton Seigneur est le plus Généreux. Il a instruit l’Homme au moyen du calame (La plume) ; Il lui a enseigné ce qu’il ne savait pas. (Coran 96, 1-5)

Ces mots étaient les premiers versets du Coran révélés au Prophète par l’intermédiaire de l’ange Gabriel. Mohammed lui-même, et bien plus tard son épouse Aïsha, certains compagnons puis des traditionnistes, jusqu’à Ibn Ishâq et Ibn Hishâm, ont rapporté cet événement comme ceux qui suivirent de façon généralement similaire, avec néanmoins, quelques différences quant à certains faits ou à leur chronologie. L’ange Gabriel s’en alla et laissa le Prophète dans un état de trouble profond. Il avait peur et ne savait pas s’il s’agissait d’une vision démoniaque ou s’il était simplement possédé.

Il décida de s’en retourner auprès de son épouse. Mohammed lui expliqua ce qui venait de se passer et lui fit part de sa peur. Khadija le réconforta et lui murmura « Tu n’as rien à craindre. Repose-toi et calme-toi. Dieu ne te laissera pas souffrir une humiliation parce que tu es bon avec les tiens, tu dis la vérité, tu assistes quiconque est dans le besoin, tu accueilles de la meilleure façon ton hôte et tu soutiens toutes les causes justes ».

Foi, connaissance et humilité :

Les premiers versets révélés au Prophète, qui ne savait no lire no écrire, dirigent directement son attention vers la connaissance. Incapable de lire ni de réciter alors qu’il est livré à ses seules facultés, Dieu l’appelle à lire : « Au nom de ton Seigneur » et établit immédiatement un lien entre la foi en Dieu et la connaissance. La dignité des Hommes octroyée par la connaissance ne saurait ses limites et qui, en cela, a reconnu l’impératif de la foi. Accepter, et accepter de ne pas comprendre, la présence mystérieuse de la lettre nûn nécessite la foi, comprendre et accepter l’exposé sans mystère des versets qui suivent impose l’usage d’une relation active, mais rendue nécessairement, et au fond, naturellement humble. Nous sommes déjà au cœur des enseignements fondamentaux de l’islam : à la double dimension du savoir, qui ne saurait être sans la conscience humaine des limites, la Révélation, va en ajouter une troisième en se référent à la « noble moralité » du Prophète.

La situation allait s’aggraver encore car, durant les mois qui suivirent, la Révélation cessa. Cette période de silence, d’une durée de six mois à deux ans et demi selon les différentes traditions, va beaucoup faire douter et souffrir le Prophète. Il pensait ne plus être digne de recevoir la Révélation, qu’il avait été abandonné ou bien qu’il avait été tout simplement ensorcelé. Il vivait la même expérience qu’Abraham, dans l’épreuve de ce silence.

Après cela, l’Ange Gabriel l’accompagna et révélera, pendant vingt ans, au gré des situations et de façons irrégulière, les versets et les sourates qui à terme constitueront le Coran. Chaque année, pendant le mois de Ramadan, le prophète récitait à l’ange Gabriel l’ensemble de ce qu’il avait déjà reçu du Coran dans l’ordre prescrit. Il était ainsi procédé à une vérification régulière du contenu et de la forme du Livre qui s’élabora, lentement, sur une période de vingt- trois ans.

Chef de guerre et fondateur politique de l'Oumma : Les premières conversions :

Le Prophète avait accueilli les premières Révélations et il commença, avec prudence, à en parler à son entourage. Il n’avait encore reçu aucune consigne sur la façon dont il devait agir avec son peuple, mais il pressentait une farouche opposition, dont il avait d’ailleurs été averti par Waraqa Ibn Nawfal.

Après Khadija, son épouse et première convertie à l’islam, le cercle de ceux qui acceptèrent allait s’agrandir parmi les membres de son noyau familial puis de ses amis. Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs anciennes pratiques religieuses, Mohammed réussit à réunir une petite cinquantaine de disciples. Suite à cela, Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers La Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule d'Arabie pour prêcher et diffuser le message de l'islam.

Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à La Mecque et non plus Jérusalem. Pendant le mois de ramadan en l'an 624, la bataille de badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317 soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'Empire musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. En 628, Mahomet part en pèlerinage à La Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pèlerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire, mais signent avec les musulmans la trêve dite d'Al-Hudaybiyah. L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Égypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

Décès du Prophète Mohammed :

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à La Mecque, il retourne à Médine, où il meurt le 8 juin 632 âgé de soixante-trois ans suite à une courte maladie. Ses disciples furent effondrés. L’annonce de son décès se répandit à travers Médine, et la tristesse était infinie. Les visages étaient consternés, les larmes, les sanglots et parfois ici et là des cris disaient l’intensité de leur douleur. C’est Umar Ibn EL Khatab qui brisa ce sanglot de pleurs, et s’exclama avec force, que le Prophète n’était pas mort, qu’il allait revenir comme Moïse l’avait fait après quarante jours. Son amour était de tel, le sentiment de vide tellement intense, que Umar ne pouvait concevoir l’avenir sans celui qui les avait guidés, accompagnés, et dont le Coran lui-même avait révélé l’amour et l’attention.

Dans l’histoire, pour l’Eternité :

La Révélation avait averti les compagnons comme elle en informe aujourd’hui, et pour l’éternité, les musulmans, et les musulmanes à travers l’histoire des hommes et au sein de la multitude des sociétés et des cultures. L’Envoyé est le maître dont on étudie les enseignements, le guide que l’on suit sur la Voie, le modèle auquel on aspire à ressembler, et surtout, dont on est invité à méditer les paroles, les silences, et les actions.

Un modèle, un guide :

Pendant les 24 années de sa mission, Mohammed a cherché la voie de la liberté et de la libération spirituelles. Il recevait la Révélation, étape par étape, aux détours des circonstances de la vie, comme si le Très Haut dialoguait avec lui dans l’histoire, pour l’éternité.

Il a su exprimer et répandre l’amour autour de lui. Ses épouses furent comblées par sa présence, sa tendresse, et son affection, et ses compagnons l’aimaient d’un amour intense, profond et extraordinairement généreux. Il donnait et offrait sa présence, ses sourires, son être, et si, d’aventure, une esclave s’adressait à lui ou voulait l’emmener à l’autre bout de la ville, il allait, il écouté, il aimait. Appartenant à Dieu Allah, il n’était la possession de personne et offrait son amour à tous, simplement et avec simplicité. Quant il donnait sa main à un individu qui le saluait, il ne la retirait jamais le premier, et il savait la lumière et la paix qui peuvent jaillir dans le cœur d’un être à qui l’on offre un mot tendre qui le rassure, un nom affectueux qu’il apprécie, un réconfort auquel il aspire. Des détails, les choses de la vie, libéré de son moi, il ne négligeait le moi de personne. Sa présence était un refuge, il était l’Envoyé.

Le Prophète est venu aux hommes avec un Message de foi, d’éthique, et d’espérance. Tout, néanmoins, absolument tout dans sa vie était un instrument de renouveau et de transformation : du moindre détail aux plus grands événements qui ont jalonnée son existence, l’observateur, le fidèle, le croyant, tire des enseignements et s’approche de l’essence du message et de la lumière de la foi. Le Prophète priait, méditait, se transformait, et transformait le monde. Guidé par Son Educateur, il résistait au pire de soi et offrait le meilleur de son être parce que tel était le sens du jihâd, tel était le sens de l’injonction appelant à promouvoir le bien et à prévenir le mal. Sa vie était la personnification de cet enseignement.

Au cours de ce voyage d’une vie, de cette initiation offerte à chacune des étapes d’une existence vouée à l’adoration de Dieu Allah, le cœur entre forcément en communion avec un être, un élu, qui parcourait le chemin de sa libération et de la liberté. Non point seulement la liberté de penser et d’agir, pour laquelle il s’était d’ailleurs battu avec dignité, mais la liberté de l’être qui s’est libéré des ses attachements aux émotions superficielles, aux passions destructrices ou aux dépendances aliénantes.

Tout l’ont aimé, chéri et respecté, car il avait l’exigence d’une spiritualité qui lui permettait de transcender son ego, de faire don de soi et, à son tour, d’aimer sans être lié. Un amour divin sans dépendance humaine. Il était soumis et libre. Soumis dans la Paix du Divin et libre des illusions de l’humain. Il avait dit un jour à l’un de ses compagnons le secret du véritable amour des Hommes : « Eloigne-toi (N’envie point) ce que les hommes t’aiment et les hommes t’aimeront, et Dieu lui avait inspiré l’autre chemin de l’Amour prolongeant cet amour : « Mon serviteur ne cesse de s’approcher de Moi par les dévotions librement décidées jusqu’à ce que je l’aime ; et lorsque Je l’aime, Je suis l’ouïe par laquelle il entend, et la vue par laquelle il voit, et la main par laquelle il saisit, et le pied avec lequel il marche. » (Hadith rapporté par Al Bukhari).

L’amour de Dieu offre le don de la proximité et du dépassement de soi. L’Amour de Dieu est un Amour sans dépendance, un Amour qui libère et qui élève. Alors, dans l’expérience de ce rapprochement, se manifeste en l’être la présence de l’Etre, du Divin.

Il avait suivi un chemin et s’était arrêté en différents lieux : l’appel de la foi, l’exil, le retour, puis enfin le départ vers la Demeure première, le dernier Refuge. Il u avait eu une initiation et ses différentes étapes que Dieu avait accompagnées de Son amour et fait accompagner de l’amour des hommes. Le prophète Mohammed portait un message universel, autant par cette expérience de l’amour qui traversa sa vie que par cette exigence d’une éthique qi transcendait les clivages, les appartenances et les identités recroquevillés. Il rappelait aux Hommes l’impératif d’une éthique universelle à laquelle ils devaient être loyaux d’abord au-delà de toutes appartenances partisanes. Telle était au fond la vraie liberté de l’être qui aime avec justice et qui ne se laisse pas emprisonner par ses passions raciales, nationalistes ou identitaires ; son amour illuminant son sens éthique le rend bon ; son sens éthique orientant ses amours le rend libre. Profondément bon parmi les Hommes et extraordinairement libre à leur égard, telles étaient les deux qualités que tous les compagnons ont reconnues chez le dernier Prophète Mohammed.

Il était l’aimé de Dieu et un exemple parmi les Hommes. Il priait, il contemplait. Il aimait, il donnait. Il servait, il transformait. Le Prophète était cette lumière qui mène à la lumière et dans la proximité de sa vie, le croyant revient à la Source de la Vie et trouve Sa lumière, Sa chaleur et Son amour. L’Envoyé a quitté les hommes, et pour l’éternité, il leur a enseigné de ne jamais l’oublier, Lui, le Suprême, Refuge, le Témoin, le Très Rapproché. Attester qu’il n’est de dieu que Dieu, c’est au fond se mettre en route vers la profonde et authentique liberté ; reconnaître Mohammed comme l’Envoyé, c’est apprendre à l’aimer en son absence et apprendre à L’aimer en Sa présence. Aimer, et apprendre à aimer. Dieu, le Prophète, la Création et l’Humanité.